BRUXELLES, 10 avr 2013 (AFP) - La Belgique a dénoncé auprès de la Commission européenne l'existence d'un important « dumping social » dans le secteur de la transformation de la viande en Allemagne, où les abattoirs feraient massivement appel à des travailleurs de l'Est sous-payés.
Relayant les récriminations du secteur de la viande en Belgique, les ministres de l'Economie, Johan Vande Lanotte, et de l'Emploi, Monica De Coninck, demandent que soit mis fin à cette « distorsion de concurrence » dans une lettre adressée le 3 avril au commissaire européen à l'Emploi et aux Affaires sociales, Laszlo Andor.
Des Roumains et des Bulgares travaillent 10 heures par jour dans des abattoirs en Allemagne, y compris la nuit, soulignait récemment la presse belge. « Des témoignages nous apprennent que ces travailleurs étrangers sont payés 3 à 7 euros de l'heure, contre 9 à 15 euros pour les autres travailleurs du secteur », écrivent les deux ministres belges. Et, « dans bien des cas, ils ne sont pas soumis à la sécurité sociale allemande, mais à celle du pays d'origine », ajoutent-ils.
Des sociétés belges ne parviennent plus à faire face à cette concurrence, expliquait récemment dans le journal Le Soir Johan Vande Lanotte. « L'une d'entre elles ne découpe plus la viande en Belgique mais coupe les carcasses en quatre et les envoie vers l'Allemagne. Là, des travailleurs à très bas salaires s'occupent de la découpe et c'est beaucoup plus rentable. Ces pratiques sont inadmissibles », a-t-il dit.
Dans leur lettre à la Commission, les autorités belges reconnaissent que les abattoirs allemands semblent à première vue appliquer la directive européenne sur les « travailleurs détachés » occupés dans un autre pays de l'UE que leur pays d'origine. Mais, à y regarder de plus près, ces abattoirs ne respecteraient pas le principe de l'« égalité de traitement et de non-discrimination » inscrit dans les traités européens, que la Commission a le devoir de faire respecter.
En outre, le recours à des travailleurs « détachés » n'est autorisé que sous certaines conditions, notamment qu'il soit temporaire et que ces travailleurs conservent un lien avec leur pays d'origine. Or, selon la Belgique, ces « travailleurs soi-disant détachés sont totalement intégrés dans les entreprises allemandes » et il s'agit d'un « phénomène permanent ».
« Nous analysons les problèmes soulevés par la Belgique. S'il se confirme qu'il y a un problème potentiel en matière de loi européenne, nous nous adresserons bien sûr aux autorités allemandes », a réagi mercredi un porte-parole de la Commission européenne.
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