« Il n'y a aucune possibilité de discuter avec la distribution française alors que le prix haussier dans le monde devrait pouvoir compenser la hausse des charges subie par les producteurs », a constaté le président de la FNIL, Olivier Picot, devant des journalistes. « C'est Michel-Edouard Leclerc (patron du groupe homonyme) qui octroie ou n'octroie pas les hausses, selon son bon vouloir », sans négociation selon lui. La conjonction des deux, absence de négociation et de prix de marché, forme un « nœud gordien » et prive « le producteur d'un prix normal ».
« Il faut absolument décartéliser la distribution en France, on ne peut continuer avec un oligopole pareil », juge Olivier Picot qui dénonce la toute-puissance de cinq ou six gros opérateurs, au détriment des producteurs et des transformateurs. « Entre la distribution extrêmement puissante et les producteurs qui veulent pouvoir renforcer leur pouvoir de marché, on a un tuyau flexible, l'industrie, priée de s'adapter », juge-t-il. Or les producteurs de lait, dont 10.000 environ sur 70.000 vont très mal selon lui, réclament une hausse des prix de la matière première de 2 centimes par litre pour compenser celle des charges, notamment en alimentation animale.
Tandis que du côté de l'industrie, « au moins 1.000 emplois sont en cours de destruction » ou menacés de l'être, et que des marchés échappent aux Français faute d'investissements suffisants. « Il ne peut y avoir de prix du lait fixé hors prix du marché sauf dans une économie fermée », martèle la Fnil qui regroupe la plupart des entreprises laitières privées (130). Pour Olivier Picot, la table ronde tripartite organisée lundi par le ministère de l'Agriculture entre producteurs, industriels et distributeurs n'apportera rien : « Je n'en attends rien », assure-t-il.
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