Le groupe Doux va payer moins cher les volailles à ses fournisseurs, après la décision de la Commission européenne de diviser par deux les subventions octroyées à la France pour l'exportation de poulets, a-t-on appris lundi auprès de la Fdsea des Côtes-d'Armor.
« On a reçu un courrier en fin de semaine dernière pour nous annoncer cette baisse à partir des abattages du 4 février », a assuré à l'Afp Pierre-Yves Lozahic, président de la section avicole de la Fdsea des Côtes-d'Armor et éleveur pour le groupe Doux, basé à Châteaulin (Finistère).
Le groupe volailler, en redressement judiciaire depuis juin, a confirmé l'information à demi-mots. « Le groupe Doux, à l'instar de toute la filière de la volaille, doit affronter en l'espace de quelques mois une deuxième baisse majeure des restitutions qui existaient pourtant depuis un demi-siècle », a déclaré un porte-parole du groupe volailler interrogé par l'Afp. « Le groupe avait pris sur lui de supporter la première baisse dans son intégralité, la deuxième baisse aura des répercussions sur tous les acteurs de la filière », a-t-il ajouté.
Une baisse de 40 euros la tonne appliquée par Doux
« Aujourd'hui, c'est la rémunération de l'éleveur qui part », a regretté Pierre-Yves Lozahic. « Il est hors de question d'accepter ça, surtout après tout ce qu'on a vécu », a assuré ce représentant de la Fédération départementale des exploitants agricoles (Fdsea) des Côtes-d'Armor, en précisant que la baisse annoncée des contrats était de 40 euros la tonne. Quelque 240 éleveurs sont sous contrat, directement ou indirectement, avec le groupe Doux.
Le volailler Tilly-Sabco est également touché de plein fouet par la récente décision de la Commission européenne. Ce groupe, qui fait travailler une centaine d'éleveurs de volailles, pourrait également réduire le montant de ses contrats, selon le président du pôle aviculture de la Chambre d'agriculture de Bretagne, Didier Goubil, qui évoque une baisse de 50 euros la tonne.
Le groupe n'était pas joignable dans l'immédiat pour une réaction. « Je ne vois pas comment les éleveurs pourraient accepter ça, sachant qu'ils vont travailler pour perdre de l'argent et ça, les éleveurs ne l'accepteront pas », a indiqué Didier Goubil. « Avec (le ministre de l'Agriculture) Stéphane Le Foll, nous avons convoqué aujourd'hui (lundi) une réunion d'urgence (...) pour voir comment nous pouvons apporter un soutien rapide aux entreprises » fragilisées par la décision de la Commission européenne, avait annoncé le 18 janvier le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, citant les groupes Doux et Tilly-Sabco, les principaux bénéficiaires.
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