 Le tribunal a examiné une quinzaine d'offres de reprise. (© Terre-net Média) |
Réuni depuis 9h00 du matin, le tribunal a entendu les différents parties et examiné la quinzaine d'offres de reprise, particulièrement celle qui regroupe plusieurs repreneurs dans le consortiun Sofiprotéol, et la proposition de continuation de l'activité émanant de son dirigeant actuel, Charles Doux, sous le contrôle de la banque britannique Barclays.
« Les offres sont-elles justes ? Rendent-elles compte de ce qu'est le groupe Doux, les inquiétudes des salariés et des créanciers ? », a interrogé le procureur de la République Eric Tufféry, concluant qu'il était « prématuré, en l'état, de répondre à toutes ces questions ».
Le procureur, qui s'est déclaré « déçu » par le faible montant des offres, ému par le volet social, « pas un massacre mais des morts », a dénoncé dans son réquisitoire « la braderie permanente » inhérente aux cessions et la « condamnation des créanciers » du groupe Doux, notamment les éleveurs et les transporteurs.
« Ce n'est pas aux salariés de payer »
Il s'est interrogé sur l'indissociabilité des offres, exigée par les repreneurs et qui a mobilisé les débats une bonne partie de la journée. Il s'est étonné de constater que, dans ce dossier particulièrement complexe, même « les administrateurs judiciaires ont du mal à se positionner ». En fin de journée, le ton a monté entre les avocats du consortium Sofiprotéol, repreneur d'une partie du groupe Doux, et les avocats du groupe volailler qui défendaient un plan de continuation avancé par leur client, le Pdg Charles Doux. Cette cession, « c'est l'occasion de faire une bonne affaire. Mais cette offre (de Sofiprotéol) n'est pas normale, elle ne laisse pas sa chance au plan de continuation (...). On n'a cherché qu'à descendre le plan de continuation, ce n'est pas loyal », a accusé Me Maurice Lantourne, avocat du groupe Doux.
« Nous ne sommes pas les accusés, ni les débiteurs. Ce passif (du groupe Doux, estimé à 430 millions d'euros) n'est pas le nôtre. Nous ne sommes pas dans une opération de sabotage de l'intégrité du groupe Doux qui préfère donner les clés à la Barclays », a répondu Me Guilhem Bremond, défendeur du projet de reprise de Sofiprotéol. « Il n'y a aucune décision de prise aujourd'hui, mais on a l'impression que c'est le consortium (Sofiprotéol) qui a été jugé. En tout cas, ce n'est pas aux salariés de payer », a affirmé la déléguée centrale syndicale FO, Nadine Hourmant, à la sortie de la salle.
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