L’Agritechnica s’est achevé il y a un peu plus de deux mois. L’heure n’est donc plus aux concepts mais aux préséries qui devraient ouvrir la voie, d’ici quelques années, au déploiement de la « fée électricité » dans de nombreux équipements agricoles. Les jours de l’hydraulique et de la prise de force seraient-ils comptés ? Un article extrait Terre-net Magazine n°13.
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Trois précurseurs
Il faudra attendre les années 2000 pour voir réapparaître la « fée électricité » dans les équipements agricoles avec la présentation, sur les salons, de plusieurs concepts. L’électrochoc se produit en 2007 sur l’Agritechnica : John Deere y lance son 6030 E-Premium (photo 2), un tracteur doté d’une génératrice de 20 kW. Celle-ci se substitue à l’alternateur pour alimenter certains composants tels que le ventilateur de refroidissement ou encore le compresseur. Le principal avantage : une puissance supplémentaire de 5 kW, disponible en stationnaire pour un équipement en 480 V AC ou en 230 V DC.
John Deere continue sur sa lancée et dévoile, à l’Agritechnica 2009, deux nouveaux modèles à entraînement électrique : le 7430 E-Premium et le 7530 E-Premium. Mais, il n’est plus seul sur ce créneau : Amazone et Rauch l’ont investi et proposent, respectivement, un pulvérisateur traîné (photo 3)
et un épandeur d’engrais centrifuge (photo 4) dotés d'un moteur électrique. Toutefois, « impossible de développer des matériels entraînés électriquement sans tracteur capable de fournir la puissance nécessaire. Et pas de tracteur équipé d’une génératrice sans matériel pouvant utiliser son énergie », observe sur le site Internet Farmshow.com Klaus Hahn, ingénieur à l’usine John Deere de Mannheim. L’avènement des circuits électriques dans les machines agricoles constitue une telle rupture technologique que le serpent se mord la queue.
Prise de conscience
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L’édition 2011 de l’Agritechnica a amené son lot de nouveautés en la matière avec l’andaineur Pöttinger, l’épandeur centrifuge Rauch (photo 4), le semoir à engrais Amazone, le pont moteur arrière de l’ensileuse Krone, le pont moteur des remorques Fliegl (photo 6).
A noter également : un générateur ZF Terra+ (photo 7), développant 50 kW, a été intégré sur la transmission du Ttv 630 de Deutz-Fahr. Sensor-Technik Wiedemann, lui, a imaginé un concept de générateur sur prise de force alimentant une herse rotative Lemken entraînée électriquement. Sur le même principe, Zuidberg a monté un générateur de 140 kW sur certains de ses relevages avant (photo 5).
Enfin, le clou du spectacle : le prototype de tracteur hybride (diesel/électrique) Ewd 120 de RigiTrac, un constructeur suisse. Développé avec l’université de Dresde, ce dernier est dénué de transmission. A la place, sur chaque roue, un moteur électrique alimenté par un générateur relié au moteur diesel. Confortablement « assis » sur ses suspensions intégrales, le Ewd 120 (photo 8) peut atteindre les 65 km/h ; son générateur est même assez puissant pour fournir 80 kW supplémentaires à un outil arrière. Les prémices d’une révolution ? L’avenir le dira…
Néanmoins, de nombreuses questions subsistent. Techniquement, comment fonctionne l’entraînement électrique ? Quels sont ses avantages ? Ses inconvénients ? La faisabilité de son développement en agriculture ? Comment les constructeurs imaginent l’avenir avec cette technologie ? Réponses dans le prochain numéro de Terre-net Magazine.
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Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°13 Si vous ne l'avez pas reçu chez vous, retrouvez Terre-net Magazine en ligne en cliquant ICI.
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