Rapporté à la tonne de lait produite, les éleveurs allemands et français font jeu égal avec un coût de production en 2010, hors rémunération du travail, de 230€/t. Avec l'essor de la production de maïs destinée au biogaz, la pression environnementale et l'attractivité du secteur, l’augmentation des capacités de production de lait en Allemagne atteint ses limites.
Faut-il s’attendre à une explosion de la production de lait en Allemagne après 2015 ? Et bien il semble que non. La concentration et la restructuration de la production de lait vont certes se poursuivre dans les prochaines années mais à un rythme moins élevé qu’en France, avec une augmentation limitée des capacités de production. Les raisons invoquées sont l’essor du biogaz, la pression environnementale et la faible attractivité du secteur pour attirer des salariés. Comparée à son voisin Outre-Rhin, la France dispose d’importantes capacités de production encore inexploitées.
![]() (© Institut de l'élevage) |
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Coût de production à 230 €/t : l’Allemagne En 2009, la crise a été moins ressentie en Allemagne car les éleveurs ont produit d ‘avantage de lait pour diluer leurs coûts de production. Et leurs revenus sont plus importants car ils réalisent leur quota et parce que la productivité par actif salarié ou non salarié est plus élevée : 226.000 l contre 176.000 l en France. Mais la France a montré sa forte capacité à redresser sa production dès le redressement des prix du lait fin 2009. La référence nationale est en voie d’être atteinte. Et rapporté à la tonne de lait produite, les éleveurs allemands et français font jeu égal avec un coût de production en 2010, hors rémunération du travail, de 230€/t. Au Danemark, il est de 340 € car la masse salariale est élevée. Aux Pays-Bas, la tonne de lait est produite entre 250 € et 260 €. C’est en Irlande où les systèmes de production reposent sur l’herbe que le coût de revient est le plus faible : 150 €/t. Ce qui pourrait modifier l’équilibre économique de nombreuses exploitations laitières allemandes après 2015 est la convergence des aides. Actuellement régionalisées, les éleveurs pourraient perdre jusqu’à 100 euros par hectare. Le biogaz pourrait alors devenir encore plus intéressant à produire. |
Ce phénomène de concentration s’essouffle aussi car les landers dynamiques du Nord ne parviennent pas à recruter des salariés par manque d’attractivité. Au sud, de l’Allemagne, la question de la main d’œuvre se pose autrement. Les éleveurs assez âgés, souvent pluriactifs et sur de plus petites structures peinent à trouver un successeur.
Plus de 870.000 ha destinés au biogaz
Enfin, l’essor de la production de biogaz et les bonus versés aux producteurs de maïs détournent les éleveurs laitiers de leur vocation. La production laitière n’est dorénavant attractive que si le prix du lait payé aux éleveurs est supérieur à 320 € la tonne voire 370 €. Si bien que la production de biogaz mobilise 870.000 ha sur 2003/2010 en faisant disparaître 315.000 ha de prairies.
Valorisation du lait collecté: les allemands vont continuer de progresser
Par ailleurs, les éleveurs sont au Nord de l’Allemagne de plus en plus nombreux à être confrontés à des excédents de nitrates dans leur sol et à des prix exorbitants du foncier, à l’achat comme à la location ; ce qui pénalise à terme toute expansion des fermes et par conséquent la production de lait.
C’est en matière de valorisation du lait collecté que les allemands vont continuer de progresser dans les toutes prochaines années. Le prix du kilo de matière sèche utile exportée de 7,5 euros est dorénavant équivalent à celui de du lait français car l’Allemagne investit davantage dans des unités de production de séchage et de productions fromagère. 45 % de sa de la collecte est destinée sous une forme ou une autre à l‘export, en majorité vers les pays de l’Union européenne.


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