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 Déprimer les prairies permet de mieux gérer la pousse de printemps et de nettoyer les paddocks pour éviter les zones de refus. Ce « pré-pâturage » doit laisser l’herbe la plus rase possible. (© Terre-net Média)
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De février à fin avril, l’heure n’est plus à la déprime hivernale dans les troupeaux ! C’est l’époque du déprimage, la mise à l’herbe qui vise à préparer les paddocks pour la belle saison.
Anticiper la pousse de printemps
Le déprimage est une exploitation de l’herbe avant le stade « épi 10 cm ». Il s’agit d’un « pré-pâturage » qui amorce la rotation sur les parcelles. «
Le but de cette mise à l’herbe précoce, explique Jean-Marc Seuret, ingénieur au pôle herbivore de la Chambre d’agriculture des Côtes-D’armor,
est d’anticiper la pousse et la gestion de l’herbe afin d’éviter d’être submergé par la pousse du mois de mai. » Si les animaux sont lâchés trop tardivement, l’herbe haute risque d’être gaspillée et de créer des zones de refus. «
Cette erreur risque de pénaliser toute la saison de pâturage et peut même avoir des répercussions sur les années à venir. »
Une hauteur de sortie la plus faible possible
Quel que soit la hauteur d’herbe à l’entrée, c’est la hauteur de sortie qui prime. «
A la sortie des animaux, la prairie doit être la plus rase possible (4 à 5 cm)
. En effet, ce premier pâturage a pour rôle d’éliminer l’herbe dure de l’hiver et de bien nettoyer pour éviter les refus. Le tallage des graminées sera d’autant plus important que l’herbe est coupée rase. Le trèfle aime la lumière, et profitera des premiers rayons du printemps pour faire de nouveaux stolons », précise Jean-Marc Seuret. Il peut être également conseillé de déprimer les parcelles destinées à la fauche en foin et en ensilage si le pâturage a lieu suffisamment tôt. «
Le tonnage en foin sera moins abondant mais la qualité devrait être au rendez-vous. Le foin sera moins haut, moins versé et plus facile à faner. »
Attention à la portance
Les animaux les moins vulnérables doivent sortir les premiers (génisses, broutards,…), mais attention aux transitions alimentaires brutales. «
Afin d’éviter d’abimer les prairies, mieux vaut débuter par un chargement assez faible puis l’intensifier au fur et à mesure que la croissance de l’herbe s’accélère. Si les conditions de portances ne sont pas optimales, mieux vaut favoriser les vieilles prairies et les parcelles qui seront labourées puis semées en maïs cette année », conseille l’ingénieur costarmoricain.
Une mise à l’herbe en douceur
« Pour éviter de matraquer les prairies et favoriser la transition alimentaire progressive, il ne faut pas dépasser deux à trois heures de pâturage par jour, si possible dans l’après-midi, lorsque la panse est pleine. La mise à l’herbe s’étalera sur une période de trois à cinq semaines, en gardant au moins une demi-ration de maïs ou de fourrages conservés », précise l’expert. Afin d’éviter les risques de tétanies d’herbage durant cette période critique, les pierres à lécher doivent rester constamment à disposition des animaux.
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