|
 Au bout d'un an, les agriculteurs prévoient de recevoir 26.000 t de déchets.(© Terre-net Média)
|
Agés de 33 à 47 ans, Noël Adam, René van der Meijden et Philippe Meinrad ont convaincu plusieurs dizaines d'acteurs de leur confier leurs
déchets alimentaires : des supermarchés, des cantines scolaires et d'entreprise, des restaurateurs, des fast-foods, des industries agroalimentaires.
« Nous en connaissons quelques uns depuis plusieurs années car nous transformons déjà leurs déchets en compost. Avec la méthanisation, nous leur offrons une solution complémentaire. Et de fil en aiguille, notre initiative en a intéressé d'autres », explique Philippe Meinrad.
Au bout d'un an, ils prévoient de recevoir 16.000 tonnes de biodéchets et 26.000 au total. L'unité sera également alimentée par des déchets de la viticulture (les marcs de raisins) et des exploitations des trois agriculteurs : des lisiers de fromagerie ou des céréales.
La deuxième unité la plus importante en France
L'approvisionnement majoritaire en biodéchets reste une exception parmi les installations de méthanisation agricole en France qui reposent d'abord sur les sous-produits des exploitations, relève Guillaume Bastide, ingénieur spécialiste du secteur à l'Ademe. Ribeauvillé devient la deuxième unité la plus importante derrière "Geotexia" à Saint-Gilles-du-Mené (Côtes d'Armor), qui peut accueillir 75.000 tonnes/an toutes origines confondues. Une manne écologique.
Les arrivages, débutés peu avant Noël, ont trouvé leur rythme de croisière en janvier. Le contenu se déverse dans la fosse semi-enterrée d'une halle, après passage par une machine de déconditionnement pour les produits emballés. Il prend ensuite la direction de hautes tours de 8 mètres puis de deux cuves de 4.000 mètres cubes qui donnent à l'installation un air de raffinerie pétrolière. Mais ici, c'est la nature qui fait son oeuvre : les bactéries portées à 35 degrés fermentent pour produire du biogaz qui devient chaleur par échange thermique.
11.000 MWh par an d'électricité produite
« On hygiénise le produit. Ensuite on fait la cuisine, on mélange les matières pour produire une ration qui partira dans la cuve pour y être digérée », explique Philippe Meinrad. A terme, les 10.600 mégawattheure (MWh) produits chaque année permettront d'abord de chauffer l'unité elle-même. L'excédent rejoindra par canalisations souterraines la fromagerie voisine de René van der Meijden et quatre maisons, ainsi que le centre de thalassothérapie du casino de Ribeauvillé.
L'électricité, quant à elle, sera produite à hauteur de 11.000 MWh par an, l'équivalent de la consommation de 3.500 foyers, indique Philippe Meinrad. Erdf, la filiale d'Edf, rachètera 14 centimes le kilowattheure pendant 15 ans. D'abord motivés par un souci écologique, les trois agriculteurs ne voient évidemment pas d'un mauvais oeil cette manne : elle doit rentabiliser leur investissement de 5,5 millions d'euros, le reste (2 millions d'euros) venant de subventions, et leur procurer un supplément de recettes.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »