|
 Les effluents d'élevage représentent près de la moitié des apports annuels d'azote pour fertiliser les sols en France. (© Terre-net Média)
|
Optimiser le stockage et l'
épandage des déjections animales au sein des exploitations agricoles, traiter ces effluents au sein des régions d'élevage pour les exporter vers d'autres régions figurent parmi les « options techniques » envisagées par une expertise scientifique collective.
Il «
n'y a pas de solution simple au problème élevage et azote », a résumé Jean-Louis Peyraud, de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), qui a copiloté cette expertise.
A l'échelle de l'exploitation, on peut faire des progrès en traquant les « inefficacités » dans l'utilisation de l'azote, ce qui peut être source de croissance économique pour l'éleveur, a-t-il expliqué lors d'un colloque organisé jeudi par l'Inra.
« Plus de 80 % des émissions d'ammoniac sont liées aux déjections animales »
Le développement de prairies à base de légumineuses pour les ruminants et l'utilisation de cultures intermédiaires piège à nitrate permettraient aussi d'améliorer le bilan azoté. Au-delà du problème des nitrates, « plus de 80 % des émissions d'ammoniac sont liées aux déjections animales », a souligné Fabrice Beline (Irstea, Rennes). En France, plus des trois quarts de l'azote sont utilisés pour la production d'aliments donnés aux animaux. Ceux-ci en restituent une partie sous forme d'effluents qui peuvent servir d'engrais pour les cultures.
Les effluents d'élevage (1,8 million de tonnes par an) représentent près de la moitié des apports annuels d'azote pour fertiliser les sols en France, le reste provenant essentiellement des engrais de synthèse (2,1 millions de tonnes). Dans les régions comme la Bretagne où les élevages sont très concentrés, les effluents dépassent les capacités d'absorption des surfaces agricoles. L'azote en excédent se transforme en nitrate, ammoniac ou protoxyde d'azote, et migre dans l'eau, les sols, l'air et l'atmosphère. Compte tenu des nombreux flux « très interdépendants », la gestion de l'azote est un problème aux multiples facettes, selon les experts.
« Recoupler élevage et culture »
Une des solutions serait de « recoupler élevage et culture », en déconcentrant la production animale dans certaines régions. Mais les experts restent prudents, préconisant une « analyse au cas par cas ». Les professions d'éleveurs et de producteurs de céréales sont devenues « très techniques », relève M.Peyraud, laissant entendre qu'il est difficile à un agriculteur de maîtriser les deux.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »