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 La production d'oeufs en batterie à dominué d'environ 10 % en 2011. (© Terre-net Média)
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Depuis le 1
er janvier 2012, les bâtiments d’élevage de poules pondeuses doivent répondre aux nouvelles normes européennes, offrant 40 % d’espace en plus par poule et des équipements de bien-être. Selon le Cnpo, l’interprofession de l’œuf, «
90 % des poules pondeuses de batterie ont bénéficié de cette mise aux normes », soit 31 millions de volailles sur 35 millions.
Selon le Cnpo, il ne resterait ainsi que 93 élevages à mettre en conformité avec les normes européennes, hébergeant donc 10 % des poules pondeuses de batterie.
Depuis le début du mois de janvier 2012, les œufs de ces élevages ne peuvent plus être destinés à la consommation directe. « Nous avons négocié de pouvoir les valoriser en transformation, précise Francis Damay, le président du Cnpo. Pour ces aviculteurs, cette nouvelle valorisation n’a pas d’incidences économiques car les prix à la transformation sont aussi bons que ceux de la consommation. »
Arrêts d’activité d’élevages spécialisés
Pour ces élevages, l’interprofession a aussi négocié auprès des pouvoirs publics un délai de trois mois pendant lequel ils doivent déclarer ou non leur projet de mise aux normes.
« D’ici la fin du mois de mars, tous ces élevages vont être contrôlés. Les éleveurs devront indiquer s’ils ont un projet de mise aux normes de leurs bâtiments. » Il est ainsi trop tôt pour dire combien d’élevages cesseront définitivement leur activité. « Certains arrêteront comme d’autres l’ont fait ces dernières années, notamment par ceux qui sont partis à la retraite sans successeur. »
 (© Agreste) |
En outre, la filière œufs est davantage spécialisée que les autres secteurs avicoles. 71 % des élevages ont un taux de spécialisation supérieur à 50 %, contre 55 % pour l’ensemble des filières avicoles. «
Les élevages de poules en batterie sont encore plus spécialisés que les ateliers biologiques ou en plein air », souligne Francis Damay. Le choix de ne pas mettre aux normes et donc de cesser l’activité nécessite ainsi une reconversion totale des éleveurs, et non pas simplement un report vers une autre activité de l’exploitation.
Baisse sensible de la production en 2011
En outre, au-delà du cas des 93 élevages qui n’ont pas encore déclaré leur souhait de poursuivre leur production en effectuant la mise aux normes ou d’arrêter leur activité, l’application des nouvelles normes européennes au 1er janvier 2012 a accéléré la baisse de la production française d’œufs.
Au premier semestre 2011, les mises en place de poules étaient en baisse de 26 % par rapport à 2010. Selon l’Itavi et le Cnpo, la baisse globale de la production d’œufs en 2011 devrait être d’environ 10 %. Entre 1997 et 2010, la production avait déjà reculé de 6 %.
En 2012, la baisse de la production devrait encore s’accentuer. Une poule commence à produire à partir de cinq mois d’élevage. La mise en place de poulettes de ponte, en baisse de 21 % sur les dix premiers mois de 2011, augure ainsi la poursuite du repli de la production. Selon les prévisions du Cnpo, la baisse de la production sera de 21 % en janvier et février 2012.
Les prix augmentent, mais les charges aussi
Source de protéines bon marché, l’œuf voit sa consommation globalement maintenue. Entre 2005 et 2010, les français ont consommé entre 217 et 229 œufs par an. Consommation régulière, production en baisse : les prix à la production sont logiquement sur une tendance haussière ces derniers mois.
 Cotation des oeufs (© Agreste) |
L’œuf de 53-63 g a démarré l’année 2011 à environ 4,5 centimes d’euros, il a atteint le prix de 7,33 cts€ en août dernier. Après un fléchissement à 5, 50 cts€ en octobre, la réduction des mises en place de poulettes de ponte booste de nouveau les prix. En novembre 2011, il était de 6,22 cts€.
Reste que cette tendance haussière ne profite pas aux aviculteurs. Ces derniers, qui se sont lourdement endettés pour mettre aux normes leurs élevages, voient leurs coûts de production augmenter davantage que les prix. Entre juillet 2010 et juillet 2011, le prix de l’aliment a ainsi flambé de 33 %.
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