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 Depuis le 1er avril 2011, les industriels du lait ont l'obligation de proposer des contrats à leurs producteurs afin de leur assurer une régularité de revenus. (© Terre-net Média)
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Michel Dantin et Agnès Le Brun, membres de la commission européenne Agriculture et développement rural, se disent «
choqués de découvrir » que ces « contrats » prévoient «
en cas de surproduction » de lait «
des pénalités » pour le producteur. Les deux responsables qualifient de «
scandaleuses » les «
remises en cause sournoises de la liberté d'expression des producteurs ». Pour eux, la «
manière dont ces "contrats" sont rédigés et proposés aux producteurs isole encore davantage ceux-ci et les laisse à la merci d'un acteur infiniment plus puissant qu'eux ». «
C'est à notre sens la principale trahison de l'esprit du décret et dans ce contexte, les producteurs ne peuvent être que dissuadés de signer de tels contrats », ont-ils ajouté, appelant à une modification de la réglementation pour autoriser les producteurs à se regrouper afin de plus peser dans les négociations.
De son côté, la Fédération nationale des producteurs de lait (Fnpl), branche spécialisée de la Fnsea, qui ne souhaite pas voir les paysans signer en l'état les contrats, étudie une contre-proposition à Lactalis.
« Les contrats ne doivent pas être un instrument d'asservissement »
Une réunion est prévue le 16 juin pour mettre la dernière main à ce projet avant une rencontre début juillet avec le numéro un français du secteur, a annoncé à l'Afp le coordinateur national du dossier, Franck Guehennec. Le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déjà jugé lui aussi « inacceptables » les premiers contrats laitiers proposés aux paysans.
Depuis le 1er avril, les industriels du lait ont l'obligation de proposer des contrats à leurs producteurs afin de leur assurer une régularité de revenus. Cette contractualisation est l'une des mesures phare prévues par la Loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, votée l'été dernier. « Je suis prêt à donner un gros coup baguette sur les doigts des industriels qui ne respecteront pas le caractère équitable des contrats », a assuré le ministre, soulignant que « les contrats ne doivent pas être un instrument d'asservissement » en jugeant « tout à fait que inacceptable que certains contrats remettent en cause par exemple le droit d'association syndicale ».
Lactalis a récemment fait l'actualité à l'occasion de son Opa sur le groupe italien Parmalat. Si ce groupe, généralement très secret, multiplie les acquisitions à l'étranger, il est le premier en ordre d'importance en France, avec 16.000 producteurs, répartis dans de nombreuses régions.
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