Éleveur de volailles dans les Ardennes, Boris Dupuit récupère 350 t de menues pailles par an. Il fut l’un des premiers à adopter cette pratique, d’abord pour limiter la pression des adventices. Au-delà de l’intérêt agronomique, la valorisation des menues pailles en litières est source de réels bénéfices. Un article extrait de Terre-net Magazine n°5.
|
|
Après quatre ans d’utilisation, l’éleveur se dit pleinement satisfait. « J’ai supprimé le glyphosate de mon programme herbicide et diminué d’un tiers le volume de produits utilisés. » Des pratiques gagnantes, qui lui ont permis de venir à bout de la folle avoine et de passer en semis direct.
Moins d’adventices et d’intrants
Camille Rio, de la ferme de Grignon, confirme que cette technique aide à réduire les apports d’intrants : « En 2007, nous avons testé l’impact de l’emploi d’un caisson de récupération sur les graines de ray-grass. Résultat : un stock de semences d’adventices divisé par deux pour la culture suivante. » Avantage collatéral : « les parcelles nettoyées attirent moins les limaces et les sitones », ajoute Boris Dupuit.
Concernant les matières organiques et minérales contenues dans les résidus de récolte, l’éleveur conseille de laisser parfois les pailles sur la parcelle et de récolter systématiquement les menues pailles, deux fois moins riches. En cas d’utilisation en élevage, les éléments retournent au sol via l’épandage des effluents.
|
|
L’éleveur récupère la menue paille de quatre exploitations, dont celles de deux voisins auxquels il l’achète 20 €/t, l’équivalent du prix de la paille en andain. « La collecte des menues pailles représente un vrai chantier, demande de l’organisation et un certain investissement ». Boris Dupuit vend 2.000 t de fumier par an, qui peuvent être épandues sans aucune inquiétude. En effet, « la température dans le bâtiment et l’acidité des fientes purgent les menues pailles de toutes les graines d’adventices ».
Rentabilisé en une année
« Je considère la menue paille comme un produit de mon exploitation à part entière, conclut l’éleveur. J’évalue l’ensemble des bénéfices entre 45.000 et 50.000 €/an : revente du volume de menues pailles restant, économies réalisées sur le paillage des poulaillers et les intrants. Le récupérateur est rentabilisé en une année. »
Grégory Sciaccaluga, des établissements Thiérart, admet que l’intérêt agronomique ne justifie pas, à lui seul, l’investissement dans un récupérateur, qui s’élève à 30.000 €. « Il doit y avoir derrière une valorisation des menues pailles, en litière ou pour nourrir les bovins par exemple, souligne-t-il. A l’avenir, d’autres débouchés se profilent comme l’alimentation des chaudières en cogénération et des méthaniseurs. »
|
Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°5. Si vous ne l'avez pas reçu chez vous, retrouvez Terre-net Magazine en ligne en cliquant ICI.
|




Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026