La synthèse de l’ensemble des études faites ces dernières années sur la délicate question de la détection des chaleurs chez la vache montre que cette difficulté est liée à l’existence de nombreux facteurs influençant cette expression impliquant la vache, l’éleveur et le système d’élevage.
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Reprise post-partum
Pour l’animal, et par voie de conséquence, pour l’éleveur, le rétablissement et la régularité de la cyclicité post-partum sont des facteurs importants pour la conduite de reproduction. « Or, souvent, la première ovulation après vêlage est moins bien exprimée et de ce fait peu détectée, ce qui pénalise la suite du cycle », poursuivait Catherine Disenhaus.
En conséquence, lorsque le rétablissement de l’activité ovarienne est tardif (à plus de 50 jours post-partum), l’expression des chaleurs au moment de la mise à la reproduction peut être pénalisée par une plus forte proportion de premières ovulations.
La détection va donc être étroitement liée aux facteurs associés à la cyclicité, notamment les pathologies autour du vêlage et le profil d’état corporel. « Dès le vêlage, et 30 jours après, l’éleveur doit suivre les indicateurs d’état corporel et de production laitière ; grâce à cela, il pourra mettre en place une surveillance accrue des femelles susceptibles de présenter une anomalie de cyclicité après vêlage. »
Effet négatif de la production laitière
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En résumé Dans des troupeaux à fort niveau de production, dont les vêlages sont étalés et la mise à la reproduction a lieu le plus souvent en stabulation, l’expression des chaleurs sera discrète. Leur détection nécessitera une attention soutenue et le recours à l’ensemble des signes sexuels. |
Les conséquences techniques et économiques d’une sous-détection ne sont pas négligeables : pour une bonne fertilité intrinsèque, des simulations ont estimé qu’une diminution de 10 % de la sensibilité de la détection affecte les intervalles entre le vêlage et la 1ère IA et l’IA fécondante avec un effet de l’ordre de +7 jours.
Ainsi, l’augmentation du nombre de traites, et donc de la production laitière à potentiel génétique constant, a abaissé le taux de détection des ovulations.
Mais dans l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible d’établir de relation précise entre l’alimentation et la production laitière, tant les interactions sont complexes, y compris en conditions expérimentales : « nous avons observé que plus une vache a un niveau de production élevé, plus la probabilité de détection est faible ».
Dans les faits, la probabilité de détection de l’ovulation chute très rapidement si l’on n’utilise que l’acceptation de chevauchement.
Au niveau du troupeau
Autre facteur d’influence noté par cette vaste synthèse, la présence, dans le troupeau, d’une ou plusieurs autres vaches en chaleurs au même moment. « Il s’agit du premier facteur de variation de l’expression des chaleurs, tous facteurs environnementaux et animaux confondus », souligne Catherine Disenhaus.
De même, l’environnement dans lequel est placé la vache en chaleur va accentuer ou non l’expression des signes : sur un sol meuble par exemple, « ou le déplacement des animaux » augmentent l’expression des acceptations de chevauchement.
En conséquence, conduire des animaux à une aire d’exercice non bétonnée ou à la pâture va favoriser l’expression des chaleurs et à leur détection. « L’effet sol augmente donc l’intérêt des aides à la détection de l’acceptation de chevauchement à la pâture alors que leur utilisation en stabulation peut s’avérer décevante. »
De même, dans les grands troupeaux où les intervenants sont nombreux, la mise en place d’un simple planning, bien évidemment rempli, permet de mémoriser et de transmettre l’information.
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Pour aller plus loin Institut de l’élevage : www.inst-elevage.asso.fr. |

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