 Doux demande à la grande distribution de tenit compte de l'augmentation du coût de l'alimentation animale. (© Terre-net Média) |
« La situation est devenue intenable », a affirmé au cours d'une conférence de presse Guy Odri, directeur général délégué de Doux, qui réclame une hausse de 15 % des prix de la volaille à l'occasion des négociations, qui se déroulent actuellement avec les grandes enseignes.
Faute de quoi, le leader européen a menacé de réduire ses activités en France dans la volaille fraîche, dans une lettre ouverte aux ministres de l'Agriculture, de l'Industrie et du Commerce, que Doux a rendue publique lors du point presse. Ces dispositions pourraient être prises « dès la semaine prochaine » avec les conséquences sociales que cela induit, a précisé M. Odri.
En septembre, le volailler prévoyait déjà de demander une augmentation de 6 à 7 % des prix auprès de la grande distribution, mais compte tenu de la poursuite de la flambée des matières premières, il a revu à la hausse sa demande. Depuis le début de l'année, le blé a augmenté de 66 %, le maïs de 61 % et le soja de 7 %, entraînant une hausse de 30 % de l'alimentation animale, composée de ces ingrédients. Ce poste représente entre 50 et 65 % des coûts de production d'un poulet. « Nous demandons juste que la grande distribution prenne en compte cette hausse », a expliqué le groupe.
La production de volailles a régressé de 20 % en dix ans
« Je ne mets pas tout le monde dans le même panier : si 50 % de la grande distribution a compris notre position, trois enseignes nous ont opposé un non catégorique » au nom du consommateur, a poursuivi M. Odri. Ce dernier a refusé de citer le nom des enseignes mais selon une autre source, il s'agirait notamment de Leclerc et Carrefour. Contactés par l'Afp, ces deux enseignes n'avaient pas réagi en milieu de journée. « Si ces hausses ne sont pas acceptées », le groupe Doux « n'aura d'autre issue » que de réduire la rémunération de ses quelque 1.000 producteurs ou de revoir à la baisse son activité avec une réduction de personnel, selon M. Odri, qui n'a pas souhaité apporter plus de précisions.
Le groupe compte en France huit sites et 3.000 salariés pour ses produits frais. 60 % de ses élevages se trouvent en Bretagne. Cette situation peut entraîner des « conséquences dramatiques » pour une filière déjà en « décroissance », a-t-il fait valoir. En dix ans, la production de volailles a reculé de 20 % tandis que la production mondiale augmentait de plus de 30 %. Devenue de moins en moins compétitive, la volaille française a perdu d'importantes parts de marché en Grande-Bretagne et en Allemagne. La France est devenue importatrice nette de volaille vis-à-vis de ses partenaires européens.
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