Une délégation d'agriculteurs ukrainiens a fait son marché cette semaine au salon international de l'élevage de Rennes, témoignant des efforts du grenier à blé de l'ex-Urss pour valoriser son énorme potentiel agricole.
![]() La production laitière en Ukraine, des opportunités ? (© Terre-net Média) |
En matière d'élevage, près de 20 ans après l'indépendance, seule la production avicole, concentrée à 85 % entre cinq grands groupes, a sérieusement repris du poil de la bête, sans atteindre encore son niveau de 1990. Une vingtaine d'agro-holdings exploitent pour certaines des centaines de milliers d'ha.
"Mais on ne gagne pas sa vie en Ukraine avec 2.000 ha. En dessous de 2.500 ha, l'exploitation n'est généralement pas rentable", tempère M. Hiéronimus. Les Ukrainiens viennent voir "comment fonctionnent les fermes ici" et y "chercher des outils qu'ils pourront adapter là-bas" en terme de nutrition, de santé animale, d'hygiène, de matériel ou de logiciels de gestion, explique Natalya Telehina.
L'Ukraine est un pays à grand potentiel
De grands groupes français (Lactalis, Danone, Bongrain, Bel) sont déjà présents en Ukraine dans la filière laitière. Représentant Ferotec, une entreprise de matériel pour fabricants d'aliment du bétail qui place 60% de sa production à l'exportation, Pascal Le Du a effectué son premier voyage en Ukraine en avril dernier. "Le marché n'est pas encore très ouvert mais il n'est pas très compliqué. Nos concurrents n'ont souvent pas envie d'aller là-bas. Pourtant, les Ukrainiens sont demandeurs et on y bénéficie d'un accueil exceptionnel", se réjouit-il. Sa première mission s'est conclue par la signature de plusieurs contrats et les premières commandes ont été rapidement livrées. "Ces résultats ont été obtenus plus rapidement que sur un marché classique", constate-t-il.
Les grands groupes privés ukrainiens "ne sont pas faciles à conquérir mais, quelque soit la taille du contrat, quand on réussit sur un dossier, on joue la fidélisation", souligne de son côté Xavier Cadiou, chargé de mission à Bretagne internationale, un organisme créé par la région pour appuyer les entreprises bretonnes à l'exportation. "L'Ukraine est un pays à grand potentiel", résume Natalia Telehina. "Il faut même inciter vos producteurs de lait à aller s'installer chez nous: le lait y est vendu 30 à 40 centimes le litre (ndlr: plus cher qu'en France) et les coûts de production sont bien moindres qu'en France!".

Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026