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 L'écart entre le prix allemand et le prix français intervient dans
la définition du prix du lait payé aux producteurs (© TNM)
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Depuis plus de deux ans, la filière française est secouée de crises à répétition. Producteurs et entreprises sont dans l'incapacité de trouver un nouveau moyen de fixer des grilles de prix après la décision des pouvoirs publics de mettre fin à l'ancien système. Jusqu'en mai 2008, les tarifs étaient fixés à la suite d'une négociation chaque trimestre au sein du centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), qui rassemble les trois familles du secteur (producteurs, industriels et coopératives). Cette négociation débouchait sur une "recommandation nationale" mais ce système a dû cesser après une injonction de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour entrave à la concurrence.
9.000 euros annuels
Une décision d'autant plus brutale qu'aucune procédure de remplacement n'avait été mise sur pied. Elle est aussi intervenue au plus mauvais moment, quand les marchés de matières premières agricoles et énergétiques connaissaient une volatilité sans précédent. Après une période d'euphorie, les cours mondiaux du lait se sont effondrés à l'été 2008. Parallèlement, la consommation est devenue atone. Lors du dernier bras de fer entre producteurs et entreprises, en mars 2010, le gouvernement avait réussi à imposer un accord qui prévoyait l'élaboration de trois "indices complémentaires" dans la définition des prix. Leur mise en oeuvre était prévue pour ce 3e trimestre. Parmi les trois nouveaux critères figure celui qui doit prendre en compte l'écart de prix entre le lait français et allemand. C'est une exigence des industriels et coopératives, confrontés à de sérieux problèmes de compétitivité. En 2009, en moyenne le lait français a été de 35 euros (les 1.000 litres) supérieur à l'allemand. Au 1er semestre, l'écart s'est réduit à un peu plus de 9 euros (1.000 litres). Si de leur côté, les producteurs sont d'accord sur le principe d'un réajustement, ils sont dans l'impossibilité d'accepter les prix proposés par certains grands groupes, 313,6 euros les 1.000 litres alors qu'ils réclament 331 euros. Après avoir encaissé une chute de plus de la moitié de leurs revenus en 2009, pour atteindre les 9.000 euros annuels, bien en-dessous du Smic, ils entendent profiter de la remontée des cours mondiaux.
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