 Au micro, Henri Brichart, président de la Fnpl au congrès de Lille. (© Terre-net Média) |
Les grands groupes industriels sont les mauvais élèves de l’accord du 3 juin 2009. Alors que cet accord interprofessionnel conduirait à la fixation d’un prix de base à 330 euros les 1.000 litres, Bongrain et Lactalis, voire Bel, se contenteraient de ne payer les éleveurs que 313 euros. Les Pme pourraient davantage se rapprocher en revanche des revendications des éleveurs mais dans tous les cas le compte n’y est pas.
« Nous avons quelques retours des prix envisagés par les entreprises privées. Les ‘grands’ de la Fnil annoncent en gros +13.8 euros les 1.000 litres au lieu de +31.1 euros », déplore la Fnpl. Au total, le manque à gagner pourrait représenter 17 euros pour 1.000 litres.
Les éleveurs de Loire atlantique portent l’affaire en justice...
« Entêtés dans leurs positions dogmatiques de ne pas faire bénéficier, aux producteurs, la nette amélioration actuelle des conditions de marchés », les JA 44, la Fédération départementale des producteurs de lait et la Fdsea de Loire Atlantique ont annoncé mardi 27 juillet qu’ils vont porter plainte contre les industriels et les coopératives ce mercredi 28 juillet au tribunal de commerce de Nantes pour non respect des accords interprofessionnels du 3 juin 2009.
Pour en savoir plus : Prix du lait - "Plaintes" symboliques de producteurs contre l'industrie
... Ceux de l'Oise manifestent devant les laiteries
Dans l'Oise, la Fdsea et les JA ont décidé de passer à l'action le jeudi 29 juillet devant les usines Lactalis (Clermont) et Senoble (Quincampoix Fleuzy) : « Le bras de fer actuel concerne non seulement le prix du lait sur les mois en cours mais aussi l’avenir de toute la filière et de l’interprofession dans l’après quota » expliquent-ils dans un communiqué commun ce mercredi 28 juillet.
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Les industriels semblent avoir changé unilatéralement les règles du jeu pour fixer le prix du lait. Alors que les grilles renégociées au début de l’année reposaient sur des critères de saisonnalité
« pour répondre aux objectifs de régularité des livraisons », précise la Fnpl. Les grands groupes laitiers seraient tentés de fixer le prix du lait pour le troisième trimestre 2010 en se référant au prix pratiqué en Allemagne qui n’est pas, justement, saisonnalisé. D’où le manque à gagner.
La Fnpl note le comportement contradictoire des grands groupes laitiers. Avec une si faible hausse au troisième trimestre, l’objectif d’une augmentation annuelle du prix du lait de 10 % annoncée à grand renfort de communiqués par les industriels le 22 juin dernier ne sera pas atteint.
« Quelques départements envisagent déjà des actions et d’autres attendent d’avoir plus d’éléments notamment par rapport aux coopératives », souligne la section spécialisée de la Fnsea. Mais aucun mot d’ordre national n’a encore été lancé. Ceci dit, rien n’est exclu.
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