 "Avec une différence de 8 euros le cochon (de 100 kilos), on ne peut pas s'en sortir", a indiqué M. Le Calvé. (© Terre-net Média) |
"Nous demandons un peu d'équité dans les conditions de production", a déclaré Fortuné Le Calvé, président du CRP, lors de l'assemblée générale du Comité à Plérin (Côtes d'Armor). Le Crp représente les 8.000 éleveurs bretons, qui assurent 56 % de la production de porc française. Celle-ci a reculé de 1,3 % l'an passé tandis que celle de l'Allemagne augmentait de 1,7 %, dans un marché européen en contraction de 1,2 %, selon le Comité.
L'Allemagne, qui a connu une hausse de 12 % en cinq ans, est premier producteur d'Europe avec 20 % du marché, soit le double de la France. Selon le CRP, les producteurs d'Outre-Rhin bénéficient d'avantages compétitifs indus, a savoir un régime de TVA au forfait qui leur assure un avantage de 3,7 centimes au kilo et le recours à une main d'oeuvre d'Europe de l'Est sous-payée, soit un avantage supplémentaire de 5 centimes.
La filière "arrive au bout d'un cycle" et doit repenser sa façon de faire
"Avec une différence de 8 euros le cochon (de 100 kilos), on ne peut pas s'en sortir", a indiqué M. Le Calvé, en demandant à Paris de faire pression pour que l'Allemagne s'aligne.
Pour l'économiste Vincent Chatelier, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique, "une harmonisation est indispensable", mais la profession doit se garder de "concentrer toute son énergie sur ce point". Dans un contexte de baisse de la consommation de porc (-1,2 % dans l'UE en 2009, -2 % en France), la filière "arrive au bout d'un cycle" et doit repenser sa façon de faire, a-t-il souligné lors d'une intervention devant le CRP. Car à côté des avantages décriés par le Comité, les producteurs allemands ont su aussi "mieux concilier compétitivité économique et environnement", a-t-il rappelé, alors que la responsabilité des éleveurs bretons dans le phénomène des algues vertes est de plus en plus ouvertement évoquée. Pour redresser son image, le CRP vient de lancer une campagne d'affichage mettant en avant notamment les 31.000 emplois de la filière dans la région.
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