 L'Apli et l'Emb lors du lancement de la grève en septembre dernier (© Terre-net Média) |
« Une politique laitière doit en premier lieu viser à renforcer la position des producteurs en élargissant leurs possibilités de se regrouper et de gérer les volumes de lait au niveau de la production », aurait déclaré Sieta van Keimpema, vice-présidente de l’Emb, lors de la réunion qui s’est tenue à Bruxelles. Elle s’exprimait sur la future structure du marché laitier de l'UE
Or à la veille de la journée mondiale du lait,
« Tout porte à croire que les propositions que présentera fin juin le groupe d'experts de haut niveau du lait, ne seront pas en mesure de garantir les revenus des producteurs laitiers ni une production laitière de haute qualité », dénonçait le mouvement européen lors de la conférence de presse qui se tenait à Bruxelles.
« Le bilan est décevant » déclare Romuald Schaber, président de l’Emb qui ajoutait par ailleurs :
« les producteurs laitiers européens ne voient pas comment ces instruments pourraient aider à renforcer concrètement leur position sur le marché laitier et à garantir une production laitière durable dans toutes les régions d’Europe ».
Des instruments approuvés par l'Emb...
Parmi les cinq instruments susceptibles d’être retenus par le groupe d’experts de haut niveau, ceux approuvés par l’Emb sont :
- l’adaptation du droit de la concurrence envisagé par le groupe d’experts en vue de donner un cadre juridique aux accords fixés par les producteurs laitiers sur les volumes et les prix;
- la transparence par la restructuration / la concentration des données collectées au sein d’un observatoire des prix sont des outils approuvés par l’Emb. « Les coûts de production devraient être relevés dans leur ensemble, pour inclure également les coûts de main d’œuvre et de financement. La forme la plus efficace pour la collecte des données serait un échantillonnage représentatif d’exploitations laitières dans toute l’Europe (un millier d’exploitations) qui livreraient sur plusieurs années leurs bilans chiffrés à cette instance européenne ».
... Et d'autres jugés inadaptés
D’autres mesures inadaptées ou « usées » inquiètent fortement l’emb, qu’il s’agisse :
- des contrats directs entre les producteurs laitiers et les transformateurs / contractualisation. Ils existent déjà dans la plupart des états de l’UE et ne constituent pas des outils de régulation. L’Emb doute par ailleurs que les industriels s’engagent sur un volume de livraison et un prix couvrant les coûts de production. « En cas de marché excédentaire, la position des laiteries s'affaiblirait dans leurs négociations avec la distribution, tant et si bien que ces laiteries ne seront plus en mesure de payer des prix rémunérateurs aux producteurs. »
- des marchés à terme qui ne « sauraient remplacer un règlement légal de marché » et qui « ne sont pas appropriés pour assurer aux producteurs des prix du lait rémunérateurs. Ils ne sont pas non plus à même de garantir un approvisionnement bon marché des consommateurs ».
« Seule une forme d’assurance risque des acteurs est ici possible même « si les volumes négociés ne sont pas importants »;
- des mesures d’intervention et les subventions à l’exportation « très onéreuses ». A la place des premières, « il faudrait instaurer une régulation des volumes qui s’effectuerait au niveau de la production et serait organisée et financée par les producteurs. »
Quant aux secondes, « elles déplacent sur le marché international le problème des excédents du marché européen et nuisent en particulier aux producteurs des pays en voie de développement en faisant fortement baisser les prix sur leurs marchés. »
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