 « Un steak est un steak, un jambon est un jambon », a martelé le social-démocrate allemand Jo Leinen. (© Terre-net Média) |
Par 370 voix contre 262 -- soit une voix de plus que la majorité nécessaire --, les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg ont rejeté une proposition de l'exécutif européen d'autoriser la thrombine, une enzyme issue de sang de bœuf ou de porc, dans la fabrication de produits carnés.
Les députés ont jugé que ce procédé présentait un « risque évident d'induire en erreur le consommateur » et que de plus son innocuité n'avait pas suffisamment été démontrée, notamment en raison du risque accru de contamination de la viande par des bactéries. Juste avant le vote, le commissaire chargé de la Santé, John Dalli, avait argumenté que l'autorisation de cette « colle » ne visait qu'à « clarifier la situation » : la Commission souhaitait que la présence de l'enzyme soit obligatoirement mentionnée sur l'étiquette des produits carnés concernés.
Elle voulait de plus harmoniser les législations nationales, la thrombine étant déjà autorisée dans certains Etats membres (en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas) comme « élément d'aide à la fabrication » et non comme « additif alimentaire ». En outre, avait fait valoir M. Dalli, la thrombine aurait permis de mettre sur le marché des produits carnés « moins chers », puisqu'issus de morceaux de viande bas de gamme, ce qui en définitive aurait été « à l'avantage des consommateurs les moins aisés ».
Mais l'enzyme reste autorisée dans certains états membres
Mais les eurodéputés ne l'ont pas entendu de cette oreille. « Un steak est un steak, un jambon est un jambon », a martelé le social-démocrate allemand Jo Leinen. La proposition de la Commission « était franchement scandaleuse », a jugé de son côté la libérale française Corinne Lepage. « On induirait le consommateur en erreur en lui présentant un produit fini alors qu'il s'agit en réalité d'un amalgame de morceaux de viande de qualités disparates et maintenus ensemble par une colle à viande », a-t-elle souligné.
L'idée d'utiliser la thrombine « ne pouvait naître que dans des esprits attirés par le gain à court terme », a jugé de son côté l'écologiste français José Bové, grand pourfendeur de la « malbouffe ». « Que cette proposition des industriels ait été relayée par la Commission européenne est un scandale », a poursuivi M. Bové. Les eurodéputés « se sont majoritairement opposés à ingurgiter (la) cuisine industrielle peu ragoutante » du commissaire Dalli, note-t-il. Certains députés ont observé que ce veto du Parlement ne pouvait être qu'une « première étape », puisque l'enzyme reste autorisée dans certains Etats membres.
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