 En France, les élevages de plus de 200 truies représentent encore 80% des élevages et la moitié du cheptel.Au Danemark, il n'en existe presque plus. (© Terre-net Média) |
La puissance des coopératives et l’organisation de la filière agricole, le niveau de formation des producteurs et la qualité des sols sont les quatre principaux paramètres, expliquant les performances de l’agriculture danoise. Ces qualités se traduisent, d’ailleurs, dans les chiffres économiques puisque les produits animaux représentent 64 % de la Production agricole finale (Paf) au Danemark.
À titre d’information, en France, elle atteint 40 %. « Le porc et le lait dominent avec respectivement 30 % et 20 % de la Paf contre 5 % et 15 % en France », expliquait le 2 février dernier Christine Roguet, de l’Ifip-Institut du porc, à l’occasion des 42e journées de la recherche porcine, à Paris.
Une restructuration en profondeur
En huit ans, le Danemark a restructuré en profondeur sa filière, réduisant de moitié le nombre de ses élevages mais augmentant le cheptel de 7 %. En 2008, le Danemark comptait ainsi 5.800 élevages porcins, plus de 1,4 million de truies et produisait 26 millions de porcs.
L’Ifip a cherché à identifier les conditions de réussite de la filière marquée par une accélération des performances techniques, « déjà très bonnes » (lire ici). La gageure tient au fait que cette mutation s’accompagne d’une maîtrise de la production porcine sur l’environnement « avec la mise en place de réglementations toujours plus sévères » (lire ici).
Success story
Depuis 30 ans, le Danemark développe avec constance sa production de porcs. Les raisons de ce succès sont multiples. On peut notamment citer la répartition des exploitations sur tout le territoire, une réglementation environnementale qui a encouragé une répartition équilibrée de la production sur le territoire, une pression environnementale moins forte qu’en Bretagne (peu de volailles). Les Politiques danois ont également transcrit, « sans excès », les directives européennes, avec le souci de maintenir la compétitivité de l’activité.
Mais le schéma a été poussé à tel point qu’aujourd’hui, « vu les surfaces considérées comme sensibles aux nitrates, à l'ammoniac ou aux odeurs », on peut s’interroger sur les possibilités de développement de la production au Danemark, et ce, d’autant plus que « le seuil de la procédure d’autorisation a été abaissé ».
Pressions environnementales
Reste que le Danemark a déjà prouvé, par le passé, qu’il était en mesure de « repousser les limites de la croissance de la production porcine », d’autant plus que la filière dispose d’un outil de production restructuré et taillé pour la compétition internationale. La restructuration des élevages porcins va continuer évidemment se poursuivre, sous la pression des contraintes environnementales.
Mais cela ne se fera pas au détriment de l’environnement : le Danemark impose, à ses élevages, un strict respect de l’environnement pour protéger, en particulier, l’eau, la biodiversité et les zones sensibles. « Les déjections sont épandues quasiment sans aucun traitement, mais l’ensemble de la fertilisation, minérale et organique, est strictement contrôlée. »
À l’avenir, la croissance de la production porcine danoise pourrait donc devenir plus difficile (lire ici) ; mais elle dispose, aujourd’hui, d’élevages taillés pour relever le défi de la compétitivité et bien acceptés par la société. « La première question qui vient à l’esprit est de savoir si la production porcine française doit s’en inspirer ? Ou, plus exactement, si elle a d’autres choix ?... », concluait Christine Roguet.
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