 Des manifestants sont rassemblés aujourd'hui à Luxembourg (© Terre-net Média) |
« Je vais vider mes poches et j'ai 280 millions d'euros pour les agriculteurs » du secteur laitier, a-t-elle dit à la presse à son arrivée, en parlant d'un
« fonds laitier » d'aide à la profession. Elle n'a pas donné immédiatement de détails sur la manière dont cette enveloppe serait dépensée mais précisé que la Commission en déciderait, en liaison avec les gouvernements européens.
Déjà vendredi, un projet d'aide de l'Union européenne « proche de 300 millions d'euros » avait filtré, de source diplomatique. La Commission européenne s'est décidée à agir sous la pression des agriculteurs en colère qui dénoncent la chute des prix depuis des mois. Ces derniers comptent à nouveau manifester à Luxembourg lundi en marge de la réunion des ministres européens de l'Agriculture.
Un groupe d'une vingtaine de pays, emmené par la France et l'Allemagne, milite activement auprès de l'exécutif européen pour que le secteur laitier, en cours de libéralisation avec la fin programmée des quotas (plafonds) de production, ne soit pas livré à la seule loi du marché. Lors d'une réunion à Vienne il y a tout juste une semaine, ces pays avaient justement réclamé une aide de 300 millions d'euros en 2010 pour la filière.
Selon un diplomate européen, le budget de l'UE présente suffisamment de marge de fonds non utilisés. « Il leur faut quelque chose pour tenir avant la remontée des cours » du lait, qui se fait déjà sentir sur le marché mondial, mais ne sera pas répercutée avant quelques mois sur les prix du lait à la production dans les pays européens, a-t-il insisté.
Mme Fischer Boel a précisé à Luxembourg qu'elle était d'accord avec la plupart des propositions du groupe de vingt pays en faveur de mesures de régulation du marché du lait, passant notamment par des aides au stockage des produits lorsque ces derniers ont du mal à se vendre. Elle a en revanche refusé l'une d'elles, visant à promouvoir l'utilisation de poudre de lait dans l'alimentation animale, afin d'augmenter les débouchés des producteurs.
La réunion de Luxembourg se tient dans un contexte tendu dans le monde agricole. En France, première puissance agricole européenne, le monde paysan est descendu vendredi dans la rue pour demander d'urgence un plan général massif de soutien du gouvernement, les exploitants ayant vu leur revenu s'effondrer avec la chute des cours de leurs produits. Dans le secteur laitier, nombre de producteurs réclament le maintien d'une limitation administrative de la production, pour empêcher une chute des prix. Ce que Bruxelles refuse.
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