Lundi 5 octobre se tient une réunion extraordinaire des ministres européens de l'agriculture, à Bruxelles. Elle résulte de plusieurs semaines d'actions et de 15 jours de grève du lait par des éleveurs laitiers contestant les accords sur le prix du lait et la dérégulation du marché. Retour sur la grève et les enjeux du 5 octobre.
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Pour suivre la réunion du 5 octobre : |
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La guerre des chiffres !
Qui a fait la grève ? C'est la guerre des chiffres !
Du jamais vu dans les statistiques des mouvements sociaux. Certains annoncent 7 % de grévistes. D'autres 70 %. Tous les chiffres circulent. Seul indicateur : la baisse de collecte de lait est estimée à près de 11 % par FranceAgrimer. Mais plusieurs témoignages d'éleveurs signalent des circulations de citernes de lait venues d'Espagne, d'Allemagne et même de Pologne. D'autres ont fait une grève partielle ou tournante. Donc on ne connaîtra sans doute jamais les vrais chiffres.
Au niveau européen, l'Apli et l'Emb revendiquent 500 millions de litres de lait non collectés sur 8 pays durant ces 14 jours de grève.
Autre fait surprenant : le mouvement est très populaire. Il serait soutenu par 92 % des Français selon un sondage Ifop. Du jamais vu chez cet institut de sondage !
Les éleveurs attendent du concret
Depuis le 24 septembre, l'heure est à la réflexion et à la construction d'un projet.
Le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire a réuni le 1er octobre l'ensemble des acteurs de la filière. Objet du débat : les prochains accords de production entre industriels et producteurs sur le plan national et européen. La discussion porte aussi sur la stratégie franco-allemande en faveur d'une nouvelle régulation de la production de lait. "Un consensus se dégage" affirme Bruno Le Maire. Mais les éleveurs attendent du concret.
![]() Attention : ils ont prévenu, ce ne sera pas une réunion décisionnelle ! (© Terre-net Média) |
Mais attention : ils ont prévenu. Ce ne sera pas une réunion décisionnelle ! Car rien ne peut se faire sans l'assentiment de la commission européenne et de Mariann Fisher Boël à qui il revient officiellement de soumettre un projet de réforme de la politique de régulation du lait au nom de l'Europe !
Mais le ministre français part serein à Bruxelles, fort de sa prise en main du dossier. En France tout le monde s'accorde pour affirmer qu'il faut trouver une solution. Et 18 pays ont rallié la France et l'Allemagne qui proposent un projet d'organisation de la production européenne après 2015. Il s’agirait de porter à douze mois la période de stockage privé de poudre et de beurre, de mettre en place des marchés à terme régulés pour ces produits, et de réfléchir sur la question de volumes indicatifs de lait qui seraient produits par chaque Etat. Une sorte de quota déguisé ? Non puisque le ministre de l'agriculture rappelle, comme ses confrères européens, que les quotas disparaîtrons en 2015.
D'ici là, Bruno Le Maire souhaite que la Commission utilise tous les instruments dont elle dispose pour redresser au plus vite le marché du lait. Certes, certes, mais c'est du concret qui est attendu !
Au ministre français de confirmer lundi prochain ses talents de diplomate ! Et aux instances européennes de prouver qu'elles croient dans le secteur laitier, et plus largement dans tout le secteur agricole.
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