Au 13ème jour de la "grève du lait", les éleveurs ont poursuivi des actions sporadiques d'épandages ou de blocage de laiterie, tandis que la présidence de l'Union européenne annonçait une réunion extraordinaire des ministres de l'Agriculture, le 5 octobre, consacrée au lait.
Dans la Loire, des agriculteurs mécontents ont déversé mercredi quelque 20.000 litres de lait à Saint-Genest-Lerpt, à proximité de la résidence du préfet du département, a constaté un correspondant de l'Afp.
En Loire-Atlantique, les éleveurs bloquent depuis mardi quatre laiteries (Terrena à Ancenis, Lactalis à Bouvron et Vallet et Colarena à Campbon), selon l'Association des producteurs de lait indépendants (Apli). Ils laissent entrer les camions de collecte mais bloquent les camions de produits finis, selon cette source.
Même situation devant deux laiteries de Vendée où, selon l'Apli, beaucoup se rallient à ce mode de protestation "symbolique". "Nous avons un peu moins de monde pour la 'grève du lait', c'est très difficile financièrement pour certains et beaucoup souhaitaient nous soutenir sans forcément faire grève", a expliqué Jean-Louis Petit, de l'Apli Vendée.
Dans la Sarthe, des adhérents de l'Apli ont poursuivi les actions d'épandage. Des membres de la Fdsea (syndicat majoritaire officiellement opposé à la "grève du lait") ont participé à ce geste en signe de "solidarité entre producteurs", ont indiqué ces derniers à un correspondant de l'Afp.
Même signe de solidarité dans la Vienne, où une quarantaine d'éleveurs ont déversé 33.000 litres à l'appel de la Fdsea et des Jeunes agriculteurs (JA, proches de la Fnsea), a constaté un correspondant de l'Afp.
Dans l'Orne, Les JA ont eux appelé leurs adhérents à "la non-livraison du lait mercredi et jeudi", selon leur président Stéphane Davy.
Dans le Sud-Ouest, des producteurs basques ont organisé une distribution gratuite de lait à Bayonne. Selon le syndicat basque Euskal herriko Laborarien Batasuna (Elb), plus de 80% des producteurs laitiers du Pays basque participent désormais au mouvement.
Chez l'industriel Sodiaal Sud-Est, basé à Viennes (Isère), on indique un taux de 30% de grévistes partiels "qui jettent une traite ou deux mais continuent à nous approvisionner".
A Valognes, dans la Manche, la coopérative Les Maîtres laitiers du Cotentin a arrêté mardi pour deux jours un de ses trois sites de production, par manque de lait. Mais l'objectif des grévistes d'arriver à ralentir fortement l'activité des transformateurs ne semble toutefois pas atteint. Selon Laurent René, un responsable Cfdt de l'agroalimentaire dans la Manche, "la baisse de la collecte est en moyenne de 25% à 30%" dans son département. Mais la "production est quasiment correcte partout", dit-il. "Il n'y a pas de pénurie, il faut bannir ce mot", affirme l'Atla, association regroupant industriels privés et coopératives.
"S'il y a un problème quelque part (à cause des blocages à l'entrée d'une laiterie, ndlr), le lait est transféré d'une usine à l'autre", ajoute-t-on de même source. Les industriels interrogés par l'Afp continuent d'affirmer que la baisse de collecte reste le plus souvent inférieure à 10%.
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