La visite de Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, au Space à Rennes ce 14 septembre s’est passée en deux temps. Lors d’une conférence de presse improvisée après avoir reçu plusieurs délégations d’éleveurs laitiers venus manifester leur désarroi, le ministre leur a annoncé quelques mesures imminentes « pour montrer que l’Etat est à leur coté ».
 Bruno Lemaire réaffirmant que la France a besoin des agriculteurs (© Terre-net Média) |
Une enveloppe de 30 millions d’euros sera affectée à l’ensemble de la filière élevage. Fin octobre, le ministre rencontrera la Msa, les banques et les assurances pour leur demander de participer à l’effort collectif en accompagnant eux aussi les agriculteurs dans leurs difficultés. Et peut-être, sans pouvoir prendre de décision à leur place, de tenter de satisfaire en partie la demande du syndicat majoritaire de décréter 2009, « année blanche ».
A moyen terme, le ministre de la régulation a annoncé que l’initiative franco-allemande, en faveur d’une nouvelle régulation du marché du lait, rencontre au niveau européen de plus en plus d’adhésions. Seize pays seraient favorables pour rendre le stockage de produits laitiers réactif et massif. Mais aussi pour développer de nouveaux instruments stabilisateurs tel que la création au niveau européen d’un marché à terme.
En France, le ministre s’est engagé à développer un nouveau mode de contractualisation équilibré. Le ministre refuse toute idée d’accord « où l’on dicte au producteur toutes les conditions de son travail». «Un exploitant agricole ne doit pas devenir le salarié d’une industrie», précise t-il dans son discours adressé à l’ensemble des agriculteurs.
Au programme pour les prochains mois
Le programme des prochains mois, il l'a présenté lors de la seconde partie de sa visite au Space alors qu’il répondait à chacune des préoccupations auparavant soulevées par Jean Michel Lemétayer.
Aux écarts de compétitivités maintes fois soulevés cet été par le président de la Fnsea, le ministre a répondu qu’il « a demandé dans le cadre européen, qu’une directive européenne soit adoptée sur le travail saisonnier afin de garantir le respect par tous les états membres des règles de droit ».
 Jean Michel Lemétayer et Bruno Le Maire (© Terre-net Média) |
A la taxe carbone refusée par la Fnsea, le ministre s’engage à ce qu’elle ne constitue pas une nouvelle charge pour les éleveurs.
Face à la complexité administrative croissante, des mesures seront prises pour rendre la conditionnalité des aides moins contraignante (bandes enherbées, calcul des particularités topograhiques).
D’autres mesures ont été annoncées au fil du discours de monsieur Le Maire sur lesquelles nous reviendront ultérieurement.
Les débats lancés hier sur la loi de modernisation de l’agriculture (Lma) française seront l’occasion de définir une nouvelle ambition pour l’agriculture française. Ambition pour une agriculture qui, au niveau européen, se traduirait ainsi : proposer à l’Europe que l’alimentation des 500 millions d’européens soit la nouvelle ligne directrice de la politique agricole de l’Europe et que l’on parlerait alors de politique agricole et alimentaire européenne (P2ae).
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026