"Aujourd'hui, après un jour de ramassage, on a environ deux agriculteurs sur cinq qui font la grève mais on n'aura pas la tendance exacte avant lundi puisque la collecte s'organise sur trois jours. Les gens sont motivés", a déclaré à l'Afp Karol Bulcke, délégué départemental de l'Apli pour le Nord.
Vendredi matin, des éleveurs distribuaient gratuitement leur production sur le marché d'Avesnes-sur-Helpe (Nord), après avoir déjà procédé à ce type de distribution sur leurs exploitations la veille. "On a déjà donné plus de 200 litres de lait. Les consommateurs comprennent notre démarche", a indiqué M. Bulcke.
« Un coup d'épée dans l'eau »
Philippe Cartieaux, le président des producteurs de lait du Nord, affiliés à la Fnpl, hostile à la grève, a reconnu que 14 producteurs sur 70 (soit un sur cinq) étaient en grève, d'après le GIE de collecte de lait de l'Avesnois, principal bassin laitier du département. Mais, selon lui, une autre laiterie contactée a indiqué ne pas avoir d'écho de grève du lait. Il s'est montré très sceptique sur les chances de succès du mouvement. "Je crains fort que ce soit un coup d'épée dans l'eau", a-t-il dit, assurant avoir constaté qu'autour de son exploitation "personne ne fait la grève du lait".
« Petit à petit ça prend »
Selon Isabelle Dubois, déléguée départementale Apli du Pas-de-Calais, "l'impact est encore difficile à mesurer". "Autour de chez moi, ça semble prendre. Certains ont jeté la traite du soir, d'autres le tank complet. On n'aura pas 100%, il y aura toujours des gens réticents, mais petit à petit ça prend, on sent que les gens sont désespérés", a-t-elle assuré.
L'appel à la grève a été lancé jeudi à Paris par l'Apli en présence de syndicats de producteurs européens qui ont exprimé leur solidarité. Les éleveurs réclament un prix minimum entre 350 et 400 euros les 1.000 litres, contre 260 à 280 euros actuellement en France.
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