«Devant un hémicycle archi plein, Mariann Fischer Boel, lors de son audition devant la commission agricole du parlement européen, s’est montrée figée dans ses certitudes. Convaincue que sa politique est la bonne, elle analyse la situation actuelle comme une phase de restructuration à l’issue de laquelle les prix vont miraculeusement remonter. Elle reste convaincue que l’idéologie libérale est la bonne, que le marché est capable de s’autoréguler sans même regretter que dans un tel système, le paysan soit la seule variable d’ajustement. »
Selon la Confédération paysanne, la commissaire européenne a été exhortée par les députés présents, en particulier par Stéphane Le Foll et José Bové, de prendre des mesures immédiates pour baisser les volumes, de changer pour une politique de maîtrise publique des volumes de lait produits, pour que les quotas soient améliorés, que les stocks soient régulés.
« Mais incapable d’envisager un horizon nouveau pour la politique agricole, incapable de répondre aux questions des paysans, Mariann Fischer Boel est apparue à la fois hors des crises et pressée de voir arriver la fin de son mandat », soutient la Confédération paysanne.
« De toute évidence, un(e) nouveau(elle) commissaire est nécessaire pour élaborer et mettre en place une politique laitière volontariste qui puisse répondre à la fois aux aspirations des citoyens et à la nécessité de maintenir des paysans nombreux sur le territoire. »
Rue de Varenne
A Paris, la Confédération paysanne a été reçue le 1er septembre dernier par Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, dans le cadre de la crise laitière et des nombreuses actions menées par les producteurs ces derniers jours.
Selon les représentants du syndicat reçus rue de Varenne, « le ministre s’est dit attaché à ce que tous les syndicats agricoles participent aux discussions en cours pour résoudre la crise ».
« Le Ministre ne conçoit pas à l’avenir de relations producteur-collecteur sans contrôle des pouvoirs publics. Pour lui, la gestion ne passera que par une régulation de dimension européenne », commente la confédération paysanne à la sortie de son entretien.
En revanche, « un désaccord majeur persiste sur l’avenir des producteurs : pour le ministre, aucune entreprise de transformation ne doit mettre la clef sous la porte, mais pour la Confédération paysanne, c’est aucun producteur qui ne doit disparaître ».
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