 Les importation de boeufs aux hormones toujours interdites, mais à quel prix? (© Terre-net Média) |
« Le pré-accord négocié hier par la Commission européenne avec les USA sur le contentieux de la viande aux hormones, traduit le "laisser-faire" de l’Europe face à l’implacable logique de libéralisation des échanges, l’abandon de l’élevage, et la désinvolture vis-à-vis des attentes des consommateurs », a déclaré vendredi 7 mai la Fnsea.
« Non seulement il s’agit d’un renoncement à défendre bec et ongles le droit des consommateurs européens à décider souverainement et en toute liberté de leur alimentation, mais en plus, nous offririons aux Etats-Unis une compensation en nous engageant à multiplier par quatre nos importations en viande bovine dite de haute qualité. »
Ce pré-accord « est un coup bas porté à nos éleveurs, à leurs efforts de qualité et de traçabilité, qui ne sont pas de même niveau outre-Atlantique ».
« Il est scandaleux et choquant que la Commission cède sous la menace des mesures de rétorsion et cautionne ainsi le fait que d’autres filières de haute qualité, comme le Roquefort ou le foie gras, soient prises en otage. Payer la rançon donne raison aux ravisseurs ! »
La Fnsea demande donc « instamment au gouvernement français de ne pas valider ce projet d’accord que lui soumettra la Commission européenne ».
Désapprobation partagée par la Coordination rurale
Selon le syndicat présidé par François Lucas, l’accord sur le Roquefort est « une concession de l’UE faite aux Etats-Unis »
Michel Barnier reste vigilant Le ministre de l'Agriculture restera « attentif aux conditions de mise en œuvre »de l'accord préliminaire signé mercredi entre les Etats-Unis et l'Union européenne en vue de régler leur conflit sur le boeuf américain. Selon le ministre, l’accord UE-Usa préserve le modèle alimentaire européen « non négociable ». |
La viande importée « viendra directement concurrencer notre production, elle aussi réputée de qualité ». La décision de la Commission « constitue une très mauvaise nouvelle pour nos éleveurs, qui subissent pourtant déjà une situation économique particulièrement défavorable ». Elle «reflète bien le caractère technocratique de nos décideurs, qui laminent notre agriculture avec leur comportement de marchands de tapis ».
La Coordination rurale souligne par ailleurs que l’accord UE-USA « intervient - comme par hasard - au moment où l’Omc use de toute son influence pour relancer les négociations du cycle de Doha. Il place donc l’UE dans une situation très défavorable pour ces négociations. On peut d’ailleurs supposer que c’est l’une des raisons qui ont poussé les Américains à négocier. »
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Les seuils de déclaration environnementale relevés pour les élevages bovins