L'abattage de porcs est "totalement injustifié" pour lutter contre le virus grippal H1N1, alors que des tests sont en cours pour déterminer s'il peut infecter des animaux, a déclaré l'AFP le directeur de l'Organisation mondiale de la santé animale, Bernard Vallat.
Question : L'abattage des porcs envisagé par l'Egypte a-t-il un sens du point de vue sanitaire ?
Bernard Vallat : "Vu les informations dont on dispose, il est totalement injustifié d'abattre le moindre animal quel qu'il soit pour prévenir ou contrôler cette crise. Lorsqu'il y a des raisons d'abattre des animaux pour empêcher la propagation d'un germe pathogène, comme par exemple pour la grippe aviaire, l'OIE a des normes pour que ces abattages aient lieu dans des conditions décentes, pour éviter des souffrances inutiles. Ces abattages entraînent aussi la saisie d'une propriété individuelle par l'Etat: il doit donc y avoir une compensation financière, c'est inscrit dans toutes les constitutions. Et il doit y avoir des mesures d'hygiène: l'OIE a publié des normes sur les moyens les plus hygiéniques de détruire les cadavres, ce qui présente toujours des inconvénients environnementaux."
Q : Les animaux sont-ils impliqués dans l'émergence de la grippe de type H1N1?
R : "La recombinaison qui a donné ce nouveau virus pathogène a eu lieu dans un organisme vivant, mais nous ne savons pas lequel: ce peut être un être humain, un oiseau ou un porc. On a encore aucun animal malade et on ne sait toujours pas comment les personnes infectées par ce nouveau virus ont pu l'être. Tous les chefs vétérinaires des 174 pays membres de l'OIE sont sur le pied de guerre pour regarder ce qui se passe dans les espèces sensibles à la grippe. Pour le moment, personne n'a pu établir le moindre lien entre un animal malade et une personne atteinte. On attend impatiemment les résultats d'expériences scientifiques en cours aux Etats-Unis et au Canada pour savoir si ce virus est capable d'infecter certaines espèces animales. D'une manière générale, les espèces les plus sensibles à la grippe sont les porcs, les oiseaux et les chevaux. Grâce aux expériences en cours, on saura si ces animaux peuvent être porteurs, avec ou sans symptômes. Les carnivores comme le chien et le chat peuvent être sensibles à la grippe, mais d'une façon plus rare"
Q : Faut-il changer ses habitudes alimentaires ?
R : "C'est totalement inutile, car il n'y aucun facteur de risque lié à cet épisode de grippe. Il y a des bruits selon lesquels il faudrait bien faire cuire la viande avant de la consommer: je voudrais dire aux consommateurs de jambons secs de ne pas se décourager s'ils aiment ça, car il n'est pas établi non plus que le jambon sec ou salé soit impliqué dans un quelconque facteur de risque".
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026