 Des essais ont déjà montré qu’il était possible d’influencer la forme de la courbe de croissance de l’herbe avec des apports ciblés d’azote. (© Terre-net Média) |
L’apport d’azote est encadré réglementairement en raison des risques de lessivages qui obligent l’agriculteur à respecter une certaine législation environnementale. Malgré tout, l’azote est un élément essentiel dans la conduite d’une pâture intégrale du fait de son action rapide sur la croissance de l’herbe. En outre, un pilotage fin de ces apports d’azote permet d’équilibrer à la fois la production et la consommation d’herbe par les animaux en cours de saison. «
La fumure azotée n’a pas pour seul but de maximiser le rendement en matière sèche : elle permet aussi d’harmoniser l’offre et la demande en fourrage », explique Peter Thomet, chercheur dans la Haute école suisse d’agronomie (Hsa).
Influencer la courbe de croissance de l’herbe
Des essais, datant des années 80, ont déjà montré qu’il était possible d’influencer la forme de la courbe de croissance de l’herbe avec des apports ciblés d’azote. Par ailleurs, des quantités épandues en hiver sont valorisées au printemps suivant et se traduisent par une accélération de la pousse.
De même, des apports d’automne prolongent la pousse de l’herbe plus tard en saison, ce qui permet de rallonger d’autant la pâture par les animaux. Enfin, le report de doses d’azote du printemps à l’été a permis, sur des prairies de fauche permanentes et temporaires, de réduire le pic de la 1ère pousse et d’augmenter la production des repousses. « Nous avons voulu savoir si ces résultats se retrouvaient également sur pâtures. Nous voulions tout particulièrement insister sur deux points », détaille Peter Thomet :
• Dans quelle mesure la fertilisation azotée permet-elle d’équilibrer la production et la consommation d’herbe des pâturages intensifs en plaine ?
• Quelle est l’efficacité de l’azote en termes de rendement en matière sèche, pour diverses modalités de distribution ?
Deux essais ont donc été conduits entre 2003 et 2006 en Suisse sur prairie temporaire (graminée et trèfle blanc) et permanente. L’ensemble des parcelles a reçu en sus un apport de 20 à 30 m3/ha de purin durant l’hiver. Objectif : régulariser la production des pâturages sur l’année (lire les résultats ici et ici).
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