Les Journées de Printemps de l’Afpf* se sont achevées sur un bilan positif, en mettant toutefois en avant le manque de communication et la nécessité de s’ouvrir pour un meilleur lien entre la recherche et le terrain.
![]() Selon les chercheurs il y aurait un décalage entre le discours technique et la réalité des chiffres. (© Terre-net Média) |
« Les fourrages, c’est presque comme le loto, c’est pas cher, ça peut rapporter gros, mais ce n’est pas très facile, et c’est pour cela qu’il faut que nous continuions à travailler ensemble sur le sujet. » Cette phrase de Jean-Baptiste Coulon, chercheur à l'Inra, résume à elle seule les Journées de l’Afpf.
Car le spécialiste souligne l’importance d’associer performances économiques et environnementales dans le thème de ces journées qui viennent de s’achever. Il rappelle que le thème des fourrages n’est pas nouveau, il était déjà l’objet des cinquièmes journées du grenier de Theix, en 1973. Mais il s’agit aujourd’hui de « penser autrement un thème qui est le même, c’est l’angle qui a changé».
Cependant, « il y a un décalage entre le discours technique et la réalité des chiffres ». En effet, la Sth ( surface toujours en herbe) et la part des légumineuses diminuent dans la réalité, contrairement à ce qui est préconisé, autant de signes qui montrent ce décalage entre la réalité et la recherche.
![]() «Il faut que nous continuions à travailler ensemble sur le sujet» souhaite Jean-Baptiste Coulon. (© Terre-net Média) |
Jean-Baptiste Coulon détaille les éléments qu’il retient de ces journées.
En premier lieu c'est l’occasion de faire le point sur les outils d’aide à la décision pâturage pour les agriculteurs tels que Inration, Parasit’info, les tables, les modèles, etc.
Les études mises en avant ont montré l’omniprésence de la variabilité intra-système : « Nous aurions peut-être intérêt à étudier cette variabilité, à la valoriser en recherche et développement ? »
Le système doit s'adapter à son environnement
Cela s’intègre dans la diversité des systèmes fourragers qui ont été abordés au cours des Journées de Printemps. Il rappelle aussi que c’est au système de s’adapter à son environnement, et non l’inverse. Et de conclure : « Les solutions techniques existent, mais comment se fait-il que l’ensemble des solutions techniques ne soient pas appliquées ? Est-ce par manque d’organisation ? Est-ce un problème d’ouverture ? »
Quelques perspectives pour la recherche et le développement progressent, en notant que plusieurs travaux sont engagés ou en projet. Il reste de nombreuses recherches à conduire, notamment pour approfondir les connaissances des caractéristiques des fourrages, leurs valorisations par les animaux. L’Inra vient de lancer un message fort au secteur en décidant le début d’un grand programme Hqe (Haute qualité environnementale) et développement agricole. Cela va de pair avec le projet européen sur la multifonctionnalité des prairies.


Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Les seuils de déclaration environnementale relevés pour les élevages bovins