En production laitière, les coûts de mécanisation n’ont cessé d’augmenter depuis dix ans. Il existe des pistes pour réduire la note. Conseils de Cogedis.
Dans un contexte d’inflation des charges et de conjoncture laitière morose, la baisse des coûts de production constitue le levier essentiel pour assurer la rentabilité de l’entreprise. Les efforts fournis par les producteurs pour maîtriser leurs coûts de production ont surtout permis de baisser les charges opérationnelles. Les charges de structure, quant à elles, continuent d’augmenter, avec au premier rang d’entre elles, le coût de mécanisation.
Forte hausse des carburants
Les postes de mécanisation analysés dans l’étude sont le carburant-lubrifiant, les frais d’entretien et de réparation, la location de matériel et la délégation, et enfin les amortissements de matériel. Ces charges de mécanisation ont augmenté de 25 % en 4 ans. Avec une facture énergétique en hausse, la faute au cours du pétrole, c’est la part variable qui augmente considérablement depuis la campagne 2004 (voir graphique). Les dépenses de carburants et lubrifiants ont ainsi augmenté de 80 %. Ils représentent 16 % du coût de mécanisation. Par ailleurs, la surface agricole utile a augmenté de 15 % sur la période. L’amortissement du matériel augmente dans les mêmes proportions que la SAU. Les économies d’échelle qu’on pourrait espérer en théorie, ne sont pas réalisées en pratique.
Optimisation du parc
La moitié du coût de mécanisation est liée à l’amortissement du matériel. Le premier axe de travail est donc de limiter, tant que faire se peut, le degré de mécanisation de son exploitation. Par conséquent, la gestion du coût de production passe par la mise en œuvre d’une stratégie d’optimisation du parc matériel. Réaliser un audit du parc permet de connaître le coût horaire du matériel tracté et de traction. On pourra ainsi déterminer le coût de fonctionnement du matériel en fonction de son degré d’utilisation. La première solution est de prendre des mesures visant à utiliser le matériel de l’exploitation à pleine capacité, c'est-à-dire augmenter le nombre d’heures d’utilisation par an. Les moyens pour y parvenir peuvent être de répartir l’achat de matériel entre plusieurs exploitations, d’augmenter les surfaces travaillées par une gestion commune de l’assolement, etc. Faire évoluer son système de production est un autre levier qui permet d’agir sur le coût de mécanisation. Si la nature des sols et le parcellaire le permettent, l’exploitant peut alors rechercher à mieux valoriser les pâtures. L’herbe pâturée coûte toujours moins cher que l’herbe récoltée. L’effet sur le coût de mécanisation ne sera effectif que si du matériel est revendu ou non renouvelé.
Délégation et TCS
Une autre alternative est la délégation de certains travaux. Cette stratégie est particulièrement rentable pour les exploitations de petites tailles. En effet, les besoins en mécanisation sont importants mais l’utilisation annuelle est trop faible pour rentabiliser les investissements. La délégation partielle, voire totale, est également adaptée aux exploitations ayant peu de main d’œuvre disponible. La priorité dans ce cas doit être donnée au suivi de l’élevage. Par ailleurs, les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) peuvent également permettre des économies sur le poste de mécanisation si la mise en œuvre ne nécessite pas d’investissements conséquents. Attention, l’impact d’un tel choix a des conséquences sur la conduite des cultures : les contraintes agronomiques doivent être prises en compte et anticipées.
Enfin, l’optimisation du parcellaire joue également un rôle dans le poids des charges de mécanisation. Il est recommandé de choisir pour les parcelles éloignées ou mal configurées des cultures nécessitant peu de déplacement et d’intégrer ces surcoûts lorsque l’on raisonne la reprise de terres à plusieurs kilomètres du siège de l’exploitation.
De par leur importance dans le coût de production du lait, les charges de mécanisation doivent constituer un axe de travail prioritaire dans l’amélioration de la rentabilité économique de l’exploitation. Les décisions prises aujourd’hui auront un impact à long terme sur sa santé économique et financière. Il est donc essentiel que les investissements soient en cohérence avec les objectifs fixés.
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Source : étude lait spécialisés Cogedis



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