Les agriculteurs français se sont dits jeudi scandalisés d'avoir été condamnés par la Cour européenne de justice, siégeant à Luxembourg, pour entente illégale lors de la crise de la vache folle en 2001.
"Inacceptable ! Insupportable ! Scandaleux ! C'est une remise en cause de notre rôle dans la démocratie et une remise en cause de la liberté syndicale dont il s'agit", écrivent dans un communiqué commun la Fnsea, les Jeunes agriculteurs, la Fédération nationale bovine (Fnb) et la Fnplait (producteurs de lait).
La Cour européenne de justice (Cej) a confirmé jeudi près de 12 millions d'euros d'amendes à des fédérations françaises d'éleveurs et d'abatteurs de boeuf pour entente illégale lors de la crise de la vache folle en 2001. Il est reproché aux fédérations d'avoir "fixé un prix minimal d'achat pour certaines catégories de bovins" et "suspendu les importations de viande bovine en France". Ce qui constitue une violation du droit européen à la concurrence.
«Inacceptable ! Insupportable ! Scandaleux !»
L'affaire remonte à l'automne 2001. En pleine crise de la vache folle et face à une baisse de la consommation de viande, quatre fédérations d'éleveurs de bovins ainsi que deux fédérations d'abatteurs avaient conclu un accord sur un prix minimal d'achat pour les bovins et la suspension de toutes les importations.
Les fédérations de producteurs condamnées restent "fières d'avoir voulu sauver des femmes et des hommes éleveurs, toute une filière" et déplorent qu'avec une telle condamnation "la foi (en l'Europe, ndlr) en prend un coup".
«Fières d'avoir voulu sauver des femmes et des hommes éleveurs, toute une filière»
Pour Coop de France Bétail et Viande (ex-Fncbv) qui représente le secteur coopératif de l'abattage, la décision de la Cour européenne relève de l'"incompréhension" et de l'"injustice". Les coopératives rappellent dans un communiqué que cet accord visait, "dans une situation de marché particulièrement dégradée du fait de la crise de la vache folle", à tenter de "maintenir un revenu minimal aux éleveurs". Elles dénoncent l'"acharnement à l'encontre d'une profession essentielle et déjà durement touchée par des nombreuses crises sanitaires et économiques".
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