Les producteurs laitiers et les industriels ont annoncé mercredi la reprise des négociations interprofessionnelles sur le prix du lait, après deux jours d'actions des éleveurs qui ont notamment bloqué des dizaines de laiteries à travers toute la France.
Les producteurs laitiers, représentés par la Fédération nationale des producteurs laitiers (branche lait de la Fnsea), et les industriels privés (Fnil) et coopératifs (Fncl) se retrouveront lundi 1er décembre à Paris pour de nouvelles discussions. Les parties s'étaient séparées début novembre sur un constat de désaccord. Les industriels avaient alors imposé pour le lait collecté en octobre une baisse des prix de l'ordre de 30 euros par 1.000 litres, soit une baisse de plus de 10% par rapport à la même période de l'année précédente.
L'annonce de la reprise des discussions survient après deux journées de manifestations des éleveurs à travers toute la France à l'appel de la Fnpl, pour protester contre les baisses du prix du lait et demander de nouvelles négociations. Ainsi en Lorraine, une quinzaine de laiteries sont restées bloquées pendant la journée de mercredi. "La situation est très tendue", a indiqué Eric Berton, responsable de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea) de Lorraine. En Auvergne également, une vingtaine de laiteries sont restées bloquées la journée. Les barrages ont en revanche été levés mercredi dans la journée devant l'usine Sodiaal de Vienne (Isère) ou devant l'usine Lactalis d'Andrézieux-Bouthéon dans la Loire.
Retour aux négociations lundi
"Nous souhaitons que la Fnil et Fncl (industriels), et la Fnpl reviennent à la table des négociations car aujourd'hui il y a urgence. La tension monte dans les campagnes", a déclaré Raymond Vial, président de la Fdsea dans la Loire. Dans l'Ouest, une centaine d'éleveurs sont allés déverser du fumier devant les grilles de la préfecture à Saint-Lô. A Vitré (Ille-et-Vilaine), ils ont retiré des étals de quatre grandes surfaces les produits du groupe Bongrain, "groupe qui traîne les pieds" dans les négociations sur le prix du lait, selon Christophe Berthier, l'un des responsables agricoles locaux. Dans les Côtes d'Armor, deux plateformes Lidl et Système U sont restées bloquées à l'initiative de producteurs laitiers soutenus par des éleveurs porcins et des légumiers.
La Fnpl doit faire le point sur ces deux jours d'actions jeudi à Paris, à l'occasion d'une réunion de ses responsables locaux en conseil national. Les responsables locaux de la Fnsea et des JA sont également associés à ce conseil. Le but est d'obtenir un "mandat clair" pour les négociations qui vont reprendre lundi, a expliqué un responsable de la Fnpl. Pour la Fnpl, la partie est d'autant plus difficile qu'elle est confrontée sur le terrain à l'exaspération de beaucoup de producteurs et à la concurrence d'organisations syndicales rivales. La Coordination rurale, minoritaire, agite ainsi la menace d'actions plus radicales comme la grève du lait.
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