Les producteurs de lait en colère se sont mobilisés dans toute la France mercredi, à la veille de négociations sur le prix du lait, en bloquant de nombreuses laiteries, usines de transformation ou camions de collecte, selon la gendarmerie et des sources syndicales.
Dans la Loire, une centaine d'agriculteurs ont déposé symboliquement des chrysanthèmes devant les rayons laitiers de cinq supermarchés pour protester contre la baisse annoncée du prix du lait qui signifierait "la mort de très nombreuses exploitations de notre région", ont-ils fait valoir.
En Alsace et en Lorraine, les producteurs bloquaient depuis 14H00 "la quasi-totalité des centres industriels de collecte et de transformation du lait sont bloqués dans l'Est", a indiqué Daniel Perrin de la Fédération régionale des syndicats exploitants agricoles (Frsea). Le mouvement qui doit durer "24 heures au moins" est destiné à "faire pression" alors qu'une négociation nationale sur le prix du lait se déroule jeudi à Paris avec les industriels, selon Daniel Ramspacher, président de la Fdsea du Bas-Rhin.
La réunion de jeudi "a peu de chance d'aboutir à un accord"
Selon l'Association de la transformation laitière (Atla), qui regroupe les industriels du secteur, la réunion de jeudi "a peu de chance d'aboutir à un accord". "Il y a peu de chance que cette réunion aboutisse, les conditions ne sont pas suffisamment réunies pour arriver à un accord", a-t-elle indiqué mercredi. "Mais il va falloir que l'on arrive à négocier avant le 15 novembre", date à laquelle les laiteries doivent envoyer les bordereaux de paiement aux producteurs, selon la même source.
![]() Jeudi s'annonce très difficile. (© Terre-net Média) |
D'autres manifestations étaient prévues dans l'après-midi ou en soirée contre plusieurs industriels laitiers ou fromagers comme Lactalis et Nestlé, selon la Fdsea. En Seine-Maritime, des militants de la FDSEA ont tagué des camions de lait de transformateurs comme Senoble, Lactalis ou encore Danone pour protester contre la baisse annoncée du prix du lait. Sur les cuves, ils ont inscrit "Traire 365 jours par an mérite un salaire décent", "Voleur" ou "A qui profite la baisse du prix du lait ?". D'autres actions ont été organisées en Bretagne, dans le Tarn-et-Garonne ou à Saint-Etienne avec une manifestation en ville pour réclamer l'intervention des pouvoirs publics. "Le prix du lait n'a jamais été aussi bas", a souligné Raymond Girardi, secrétaire général du Modef (Confédération nationale des syndicats d'exploitants familiaux), qui demande que "le prix du lait monte de 30 à 40 euros" pour atteindre "380 euros aux 1.000 litres".

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