Directrice Economie et qualité au Cniel, Anne Richard estime que la France est obligée de s’intéresser au marché mondial laitier et sera forcément impactée par tout ce qui s’y vit.
![]() « Aujourd’hui nous sommes des acteurs sur le marché mondial et tout ce qui se vit sur ce marché nous touche. » (© Terre-net Média) |
Ce marché mondial laitier présente la particularité d’être très restreint, seulement 6% du lait s’échange entre continents. Mais il y aura à moyen terme une demande structurelle importante de lait sur le marché mondial. Car la production laitière, même si elle est en augmentation notamment dans les pays d’Asie, elle ne suffit pas à couvrir les besoins de leurs populations. « Sur ce tout petit marché, dès que les stocks se reconstituent, les cours retombent, et c’est ce qui à l’origine du retournement de tendances qu’on a connu cette année. Nous ne pouvons nous affranchir de ces marchés mondiaux. Ce qui n’empêche pas à la filière de réfléchir à des moyens de régulation assurant une lisibilité suffisante à tous les acteurs et à des outils pour gérer cette volatilité inédite. Il faudra aussi se pencher sur les choix stratégiques de production au sein des producteurs français. Nous voyons une dichotomie se créer entre l’Ouest d la France et les zones de montagne qui devront s’adapter différemment. Dans l’Ouest et le Nord-ouest de la France se constitue un croissant laitier qui s’oriente vers des exploitations plus intensives et les 20% de producteurs situés dans les montagnes se posent des questions sur leur avenir. Ils auront des choix stratégiques à faire pour vendre leurs productions. Ces zones de montagne ne seront jamais compétitives vis à vis des autres régions. Or, les AOC ne traitent qu’un tiers du lait des zones de montagne, ces zones devront trouver des moyens de se démarquer en valorisant par exemple la production de lait à l’herbe. »

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