Pourquoi faire une analyse d'herbe plutôt qu'une analyse de sol ? Comment la réaliser efficacement ? Et quelles sont les conséquences sur les choix de fertilisation ? Conseils du BTPL.
![]() Efficace, simple et d’un coût raisonnable (environ 50 € HT), l'analyse d'herbe permet d’évaluer et d’ajuster la fertilisation phospho-potassique, avec des résultats parfois différents des conclusions tirées des analyses de terre. (© BTPL) |
La fertilisation phospho-potassique des prairies est importante car une carence prolongée en phosphore ou en potasse peut entraîner une baisse de rendement et une dégradation de la flore. Il est donc important de connaître la disponibilité de ces éléments dans vos praires naturelles afin d’ajuster au mieux vos apports, comme vous le faites pour les grandes cultures. La seule différence est que, pour vos prairies naturelles, une analyse d’herbe est plus adaptée qu’une analyse de sol pour juger de vos pratiques de fertilisation.
Pourquoi une analyse d’herbe ?
Avec les prairies de plus de 2 ans, l’analyse de sol se révèle moins efficace qu’en grandes cultures du fait de la présence de nombreux débris racinaires mais aussi de la forte concentration des éléments minéraux en surface. L’analyse d’herbe permet donc de connaître la disponibilité de ces éléments dans le sol, mais aussi l’aptitude des racines à les prélever.
Deux indices IP et IK
L’analyse d’herbe est efficace, simple et d’un coût raisonnable (environ 50 € HT). Elle vous permet d’évaluer et d’ajuster votre fertilisation phospho-potassique, avec des résultats parfois différents des conclusions tirées des analyses de terre.
Quel est le principe de l’analyse d’herbe ?
En conditions de croissance satisfaisantes, il existe un équilibre dans les végétaux entre les 3 éléments N, P et K. S’il existe un écart à cet équilibre pour un des éléments considérés, cela signifie que son absorption est insuffisante ou excessive.
L’analyse d’herbe permet de définir, entre autres, 2 indices :
- L’indice IP qui est le rapport entre la teneur mesurée dans l’échantillon et la teneur non limitante en phosphore.
- L’indice IK qui correspond, selon le même principe, au rapport entre la teneur mesurée dans l’échantillon et la teneur non limitante en potasse.
Comment interpréter ces indices de nutrition ?
Les indices IP et IK donnent des indications assez claires sur le niveau de fertilisation à adopter en fonction des apports précédents.
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IP > 100
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Impasse possible 2 années
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80 < IP < 100
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Maintenir les apports actuels
(< 60 U / ha de P205)
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60 < IP < 80
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Majorer les apports actuels de 30 U / ha
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IP < 60
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Majorer les apports actuels de 60 U / ha
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IK > 120
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Impasse possible 1 année
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100 < IK < 120
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Réduire les apports habituels
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80 < IK < 100
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Maintenir les apports actuels
(< 150 U / ha de K20)
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60 < IK < 80
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Majorer les apports actuels de 60 U / ha
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IK < 60
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Majorer les apports actuels de 150 U / ha
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Comment prélever les échantillons nécessaires ?
Les échantillons doivent être prélevés dans une prairie en croissance régulière, au moment où la production se situe entre 2 et 5 tonnes de matière sèche par hectare. Les seules parcelles pour lesquelles l’interprétation est faussée sont celles avec plus de 25 % de trèfle blanc. De plus, si vos apports ne sont pas annuels, il vaut mieux faire l’analyse la dernière année avant l’apport afin d’avoir la situation la plus défavorable.
20 poignées d'herbe coupées à la cisaille
Il faut prélever 20 poignées d’herbe coupées à la cisaille à 4 ou 5 cm du sol, représentatives de la parcelle, et les mélanger pour constituer un échantillon de matière verte de 500 g environ. Cet échantillon doit être ensuite transmis rapidement au laboratoire, en vert, séché ou congelé pour éviter la fermentation.
Que faire si je suis intéressé ?
Le prélèvement des échantillons, se fait généralement avant le début des ensilages. N’hésitez donc pas à contacter votre conseiller, où le laboratoire d’analyse le plus proche, si vous souhaitez faire ce type d’analyse sur certaines de vos prairies naturelles, notamment celles qui sont essentiellement fauchées et n’ont donc que très peu de restitutions par la pâture.


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