L’évolution de la date moyenne de vêlage est un critère précieux pour évaluer dans un élevage laitier la capacité de l’éleveur à avoir un cycle de production en accord et stable avec le cycle de reproduction.
Dans une politique de quota bornée par des dates précises (1er avril/31 mars) et même si cette date de démarrage de la saison laitière n’est pas du tout logique, toute dérive dans la date moyenne de vêlage entre deux années consécutives peut avoir des conséquences économiques importantes. Lorsqu’il intervient en conseil de reproduction, le vétérinaire Jean-Louis Cosson calcule la date moyenne de vêlage, un critère particulièrement à regarder dans son évolution au fil des années (1). « Si vous obtenez une date moyenne parfaitement stable, cela signifie qu’on a un cycle de production qui correspond à un cycle de reproduction stable », explique le praticien. « Si cette date est décalée dans un sens ou un autre, ce déplacement de date est très important car il a des répercussions sur l’alimentation, sur la capacité à produire facilement le quota. »
« Certes, ce critère est plus intéressant chez un éleveur qui pratique des vêlages groupés », développe Jean-Louis Cosson. « Toutefois, j’alerte toujours les éleveurs sur l’étalement des vêlages. Car les éleveurs sont généralement tous préoccupés aujourd’hui à gagner du temps et à organiser plus efficacement leur travail. En vérité, derrière le terme « étaler les vêlages » se cache bien souvent une conséquence de l’échec des politiques de gestion de la reproduction. En vérité, les éleveurs pratiques de la cueillette de reproduction et non de la reproduction programmée, les vêlages étalés étant souvent une conséquence d’une dispersion de la gestion de la reproduction, sauf très rares particuliers. Je pense aux éleveurs qui commercialisent leur production à une fabrique de yaourts et qui vont effectivement maîtriser l’étalement à 17 vêlages par mois. »
Ce critère a aussi un intérêt prospectif. En fin de saison de reproduction, quand toutes les gestations sont confirmées, il est possible de calculer la date moyenne de vêlage prévus. Si une dérive est constatée, l’éleveur a largement le temps de réagir dans la gestion de la reproduction pour produire le quota.
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