Parasitose tropicale, la trypanosomose compte plusieurs foyers déclarés en Europe. Touchant sévèrement les chameaux et les chevaux, elle menace également les bovins, ovins, caprins. Les scientifiques cherchent à anticiper.
Après le développement de la Fco, une nouvelle parasitose tropicale, la trypanosomose, suscite la prudence des vétérinaires et de l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie), qui lors de sa 76ième session générale à la fin du mois de mai s’est réuni sur cette question pour définir une nouvelle réglementation sur cette maladie afin de limiter les circulations des dromadaires.
«Trypanosoma evansi est un protozoaire responsable d’une parasitose d’origine tropicale, qui s’est répandu au fil des siècles de l’Afrique vers l’Amérique latine, le Moyen-Orient, l’Asie, l’Indonésie », présente Philippe Jacquiet chercheur à l’unité mixte de recherche Inra/ Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, lors du dernier congrès de la Société nationale des groupements vétérinaires (Sngtv) à Nantes le 29 mai denier. Initialement présent chez les chameaux, il atteint sévèrement les chevaux mais les bovins, ovins, caprins sont des espèces réceptives qui peuvent jouer le rôle de réservoir et se parfois se révéler très sensibles. Ainsi, l’introduction du parasite dans les Philippines a provoqué des dégâts sévères sur les cheptels de bovins.
Les animaux atteints en France en 2006 ont rechuté
Le parasite a été introduit en France en 2006 par l’intermédiaire de l’importation dans une ferme ovine aveyronnaise de dromadaires contaminés en provenance des Iles Canaries. Depuis, deux autres foyers ont été déclarés en Europe, il y a 2 mois en Espagne et très récemment aux Pays Bas. « Au sein de l'exploitation ovine aveyronnaise, la contamination des brebis a été suspectée sans pouvoir être réellement démontrée, laissant des questions sans réponse», précise Philippe Jacquiet. « D’autant que les dromadaires traités en 2006 ont rechuté en octobre 2007, sans que l’on sache s’il s’agit d’un phénomène de résistance, de recontamination à partir de la faune sauvage, de sous dosage du traitement ou de résurgence de la maladie. »
« L’apparition des foyers en Europe a jeté une lumière nouvelle sur la grande vulnérabilité de notre élevage », poursuit le chercheur. « Son risque d’introduction sur le continent européen est permanent. Pour cela, à l’image des australiens qui anticipent la survenue de ce parasite sur leur continent, nous devons entreprendre sans tarder des études de physiopathologie et d’impact sur la santé et la production des espèces sensibles françaises. Ainsi, devant la multiplication des cas, il convient de se préparer dès maintenant en étudiant la sensibilité de nos espèces à ce parasite et en se forgeant des outils de diagnostic. »
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