Le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier a défendu jeudi à Londres ses propositions en faveur de la Politique agricole commune (Pac), dont la disgrâce en Grande-Bretagne s'est récemment renforcée dans le contexte de la crise alimentaire mondiale.
"Nous sommes dans une logique de projet, dans un contexte très grave et nouveau" qui est celui de la crise alimentaire mondiale, a rappelé le ministre, ajoutant que l'Europe ne souhaitait pas "une politique agricole fermée, indifférente au monde extérieur".
M. Barnier répondait à un éditorial virulent paru le 28 avril dans le Financial Times. Le quotidien économique britannique dénonçait les propositions du ministre pour répondre à la crise mondiale, les jugeant "potentiellement fatales", car "les barrières douanières découragent les pays en développement et ne les incitent pas à investir dans la production agricole". Selon le quotidien, la crise alimentaire devrait être l'occasion de réformer l'agriculture en libéralisant les marchés.
Autant que celles des Etats-Unis, du Japon et du Canada réunis
"Nous avons un marché ouvert, sans droit de douanes, pour les pays les plus pauvres", s'est défendu le ministre. Et de rappeler que les exportations de ces pays vers l'Europe représentaient autant que celles des Etats-Unis, du Japon et du Canada réunis.
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« Si les échanges avaient supprimé la faim dans le monde, ça se saurait. » |
M. Barnier a rappelé les principales demandes que la France souhaite voir adoptées dans le "bilan de santé" de la Pac : création d'outils de gestion des crises climatiques et sanitaires, aide à l'organisation des filières de produits en modifiant le droit européen de la concurrence, et une meilleure répartition des aides en faveur des secteurs qui n'en bénéficient pas ou peu.
Pour résoudre la crise alimentaire, "la clé n'est pas d'abord d'exporter mais de produire. Si les échanges avaient supprimé la faim dans le monde, ça se saurait", a-t-il également déclaré, ajoutant qu'il plaidait au contraire "pour que nous ayons une coopération sanitaire avec les pays les plus pauvres". "Nous ne parlons pas d'aide, de soutien mais d'investissement pour l'avenir, pour la sécurité et la diversité alimentaire" de l'Europe, a-t-il précisé. Ce qui exige le maintien du budget agricole européen "à un niveau correct", selon lui.
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