L'entrée du tunnel du Mont-Blanc (Haute-Savoie) a été bloquée côté français jeudi vers 4h30 par des négociants en bestiaux qui protestent contre l'absence d'indemnisation liée aux pertes subies dans la crise de la fièvre catarrhale ovine (Fco) en France, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.
"Nous sommes venus avec une centaine de camions et à environ 300 personnes, dans le cadre d'une manifestation nationale, avec des commerçants en bestiaux de toute la France", a expliqué à l'AFP Christian Berthet, responsable Rhône-Alpes de la fédération françaises des commerçants en bestiaux (Ffcb). "On nous empêche de travailler, et pour la période 2007, on veut être indemnisés. Cela avait été fait en 2006, mais rien n'est prévu pour 2007, on se sent oubliés", a ajouté M. Berthet.
Selon la Ffcb, l'enveloppe prévue pour indemniser les négociants en 2007 est la même qu'en 2006, alors que la maladie touchait 16 départements la première année et qu'elle s'était entre-temps diffusée à tout le pays. "Nous n'avons pas non plus reçu de réponses du ministère à nos demandes pour 2008, notamment en matière de reports de charges ou de prêts à taux bonnifiés", détaillé M. Berthet.
« Sans tissu commercial, il n'y aura pas d'exportations »
La Ffcb a choisi de bloquer le tunnel du Mont-Blanc, qui mène vers l'Italie, car ce pays, principal débouché des jeunes veaux français, a fermé totalement sa frontière le 3 mars, faute de vaccination de l'ensemble du cheptel, "alors que les doses commencent tout juste à arriver", a souligné Gérard Poyer, président national de la Ffcb, présent sur place, qui parle de "harcélement des autorités italiennes". "Il y a eu une réunion hier (mercredi) à Bruxelles pour réduire le délai d'attente pour l'exportation de 90 à 50 jours après la première dose de vaccin, mais ça a été refusé. Cela veut dire qu'on est bloqué pour 4 mois, c'est intolérable !", a-t-il poursuivi. "On a décidé d'indemniser les producteurs, mais sans tissu commercial, il n'y aura pas d'exportations", a relevé M. Berthet, qui espère qu'une délégation sera reçue par les autorités préfectorales dans la journée.
M. Fillon a annoncé lundi le déblocage de 6 millions d'euros d'aide aux éleveurs de bovins pour faire face à cette épizootie. Selon la Ffcb, il existe en France environ 1.000 entreprises de négoce de bestiaux, employant 4.000 personnes. "Mais celles qui ne font que de l'export sont sur les genoux, et c'est souvent les plus grosses, qui emploient jusqu'à 15 personnes", a assuré M. Poyer. La FCO ou "maladie de la langue bleue", transmise à la vache et au mouton par des piqûres d'insectes, a touché plus de 11.000 bêtes en France fin 2007 et de nouveaux cas sont signalés régulièrement.
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