Les producteurs laitiers de l'ouest accueillent avec scepticisme la hausse de 2 % des quotas européens, craignant qu'elle fasse chuter les cours qui se sont redressés l'an dernier après des années de crise.
"Est-ce que 2 % est le bon niveau ? Nous ne le savons pas", a déclaré à l'AFP Jean Turmel, président de la section lait à la Frsea Normandie. "Nous aurions bien voulu qu'il y ait des évaluations pour savoir comment est exactement le marché." Il craint "qu'on mette trop de marchandises sur le marché et que ça détériore trop les cours". La hausse annoncée lundi à Bruxelles s'appliquera pour un an à compter de la prochaine campagne laitière début avril. Les quotas pourraient être progressivement augmentés en vue de leur expiration programmée, en principe en mars 2015.
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"Il aurait été plus judicieux d'augmenter de 1 % cette année puis de 1 % à nouveau l'an prochain, après avoir vérifié que la première hausse n'a pas entraîné de retournement à la baisse des prix", estime Marcel Denieul, président de la section lait de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'ouest (Frseao). La Frsea-Ouest regroupe les producteurs de Bretagne, première région laitière de France, de la Basse-Normandie et des Pays de la Loire, soit la moitié de la production française de lait. Les éleveurs soulignent qu'ils ont besoin de prix élevés pour compenser l'envolée des céréales utilisées dans l'alimentation des vaches. Pour M. Denieul, le niveau actuel des prix est bon "mais la demande n'est pas extensible. Le prix de la poudre de lait par exemple a baissé récemment. Cela devrait inciter à la prudence."
« On prend le risque de déstabiliser les marchés laitiers »
Les prix du lait payés aux producteurs en France, comme en Europe, ont fortement progressé en 2007 pour la première fois depuis cinq ans en raison de tensions sur les marchés internationaux du beurre et du lait en poudre. Auparavant, la filière était marquée par les prix bas et la surproduction qui ont poussé de nombreux éleveurs à la faillite. En Bretagne le cheptel de vaches laitières a baissé de 2% par an à partir de l'an 2000. "Nous n'avons pas le sentiment que les décisions de la commission sont prises en fonction des marchés mais plutôt dans une logique de sortie de quotas", indique André Souteyrat, chef du service veille, études et prospectives, à la Chambre d'agriculture de Bretagne. "Nous voudrions que les décisions s'appuient sur une base objective, sinon on prend le risque de déstabiliser les marchés laitiers."
Les prix de la poudre de lait et du beurre, qui donnent la tendance pour les autres prix, sont un peu redescendus depuis Noël, souligne cet expert. "Si on augmente la production de façon désordonnée, on prend le risque de faire chuter les prix."
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