À l’heure où la filière bovine est malmenée par le commerce extérieur, par une production française en baisse et par la fermeture des foires, la ville d’Autun a gardé confiance dans son concours d’animaux de boucherie et vient d’ouvrir une structure permettant d’accueillir 300 bovins.
![]() Sous le nouveau foirail, la vente a été difficile (© Acti-Ouest) |
Des apports en hausse, qui rendent sceptiques les éleveurs
« Il y a une cinquantaine d’animaux en plus par rapport à 2007, mais cela risque de perturber le commerce. Les acheteurs ne seront pas plus nombreux pour autant, et leurs bons de commande ne se rempliront pas plus pour ça », estime Jacques Labonde, éleveur, qui émet quelques réserves sur l’écoulement de la marchandise ainsi que sur sa valorisation.
En effet, 25 % des bovins sont restés sur la place avec le droit de retourner chez eux sans plaques ni honneur, l’an passé 20 % étaient ainsi invendus.
L’annonce de la vente est lancée, aussitôt les récompense affichées, les acheteurs ne se bousculent pas, ils savent que le manque de marchandise ne se fera pas sentir et qu’ils pourront peser sur les prix comme ils le souhaitent. Après maintes discussions le supergrand prix de championnat, une femelle charolaise, s’est échangé pour 8,84 euro, alors que son propriétaire Étienne Vollot en espérait 9,45 euro. Tout comme les champions, les premiers prix ne sont pas faciles à écouler et la bataille est rude pour les éleveurs. « On baisse nos prix, c’est démoralisant. Cette vache qui a un prix d’honneur va partir pour 6,10 euro, alors que je pensais pouvoir la vendre 6,85 euro, une perte qui se chiffre pour douze animaux présents et qui m’ont coûté chacun 3,80 euro d’aliment par jour sur huit mois d’engraissement. » Agacé, Pierre Deloire, éleveur de la région se désole de voir que le commerce n’est pas au beau fixe. D’un autre côté de la foire, un lot de jeunes vaches avec plaques (quatre) partent pour 3,96 euro, alors qu’un classement au-dessus un prix d’honneur se vend dans les alentours de 6,85 euro.
À Autun, tout comme sur beaucoup d’autres concours, il valait mieux ne pas passer à côté d’une demande d’achat et ne pas rêver à une flambée des cours.

Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026