Le gouvernement suisse a décidé de négocier avec l'Union européenne un accord de libre-échange dans le secteur agro-alimentaire dans le but de stimuler la compétitivité de son secteur agricole.
Le Conseil fédéral (gouvernement) a adopté un mandat de négociation qu'il va soumettre aux commissions parlementaires et aux 26 cantons que compte le pays. Un accord de libre-échange devrait permettre d'éliminer les entraves au commerce tant tarifaires que non-tarifaires, a expliqué Berne dans un communiqué. Il ne s'appliquerait pas seulement aux matières premières mais aussi aux moyens de production et de transformation, à l'industrie des produits alimentaires et au commerce.
Selon le Conseil fédéral, cette ouverture devrait contribuer à faire baisser les prix à la consommation et à renforcer la croissance à hauteur de plusieurs milliards de francs suisses (1 euro = 1,60 franc suisse). L'agriculture helvétique pourrait gagner en compétitivité grâce à une réduction des coûts de production et un accès facilité au marché international, a expliqué le gouvernement.
L'agriculture suisse est l'une des plus subventionnées du monde
La ministre de l'Economie, Doris Leuthard, a indiqué que les négociations ne seraient pas entamées avant l'été et qu'il faudrait ensuite compter environ deux ans de pourparlers avec Bruxelles. Le Parlement sera ensuite amené à se prononcer de même que le peuple suisse si une demande de référendum est déposée contre le projet. L'ouverture au marché européen se ferait ensuite par étapes, selon la ministre, qui a évoqué devant la presse une période transitoire de cinq ans. Au final, l'ouverture totale des frontières n'interviendrait donc pas avant 2016.
Il est préférable d'avancer de notre propre gré et progressivement que d'être obligé à terme d'ouvrir le marché d'un coup, a expliqué Mme Leuthard pour justifier la volonté du Conseil fédéral de négocier avec l'UE. L'agriculture suisse est protégée par des droits de douane élevés qui atteignent en moyenne 44 % contre 15 % dans l'UE. Le secteur des produits laitiers, le plus protégé, bénéficie de tarifs douaniers de près de 160 %, contre 54 % dans l'UE. L'agriculture suisse est en outre l'une des plus subventionnées du monde, avec des aides d'Etat qui représentent près de 70 % du revenu des agriculteurs contre 30 % environ dans l'UE.
Berne a promis des mesures d'accompagnement pour permettre à ses agriculteurs, dont beaucoup sont installés en montagne, de s'adapter à l'ouverture des frontières. Mais les pertes économiques causées par l'accord seront très importantes, a averti l'Union suisse des paysans (USP). Selon le syndicat agricole, les compensations financières ne permettront pas à l'agriculture de produire à armes égales avec ses concurrentes européennes.
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