"On est très amers. On ne sent pas des pouvoirs publics une reconnaissance de nos méthodes de travail", a estimé lors d'une conférence de presse à Rennes Thérèse Fumery, productrice de lait à Iffendic (Ille-et-Vilaine) Adhérents de la Confédération paysannne, du réseau agriculture durable ou producteurs biologiques, ces agriculteurs pointent le fait que les aides européennes, telles qu'elles sont attribuées par la France, continuent à privilégier l'agriculture intensive, plus gourmande en engrais et produits phytosanitaires et à l'origine de multiples pollutions.
Ils affirment que d'autres pays européens appliquent la PAC de façon plus équitable que la France et moins pénalisante pour les éleveurs respectueux de l'environnement. Ces derniers privilégient, par exemple, le recours à l'herbe en matière d'élevage laitier au lieu de recourir au maïs ou aux céréales. Or, depuis des années, "le maïs et les céréales étaient subventionnées mais pas les surfaces en herbe".
"Il reste beaucoup d'injustices (...) On pénalise ceux qui ont adopté depuis longtemps des pratiques respectueuses de l'environnement et pourvoyeuses d'emplois", a souligné de son côté Jean-Marc Thomas, producteur de lait à Rostrenen (Côtes d'Armor). "On ne peut pas avoir de grands objectifs (ndlr: au niveau du Grenelle de l'environnement) sans encourager les bonnes pratiques", a insisté Mme Fumery.
Ces agriculteurs avaient mené un jeûne tournant entre septembre 2006 et le printemps dernier dans une douzaine de départements pour réclamer une plus grande justice dans la répartition des aides. Suite à ce mouvement, les aides d'un certain nombre d'agriculteurs ont été "recalculées". Un recours a été déposé sur cette question par la Confédération paysanne et, à titre individuel, une vingtaine de dossiers ont été portés au printemps devant des tribunaux administratifs pour, en substance, inéquité de la part de l'Etat.
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