Cette vache à la robe allant du froment clair au gris perle était autrefois réputée pour sa triple aptitude de vache laitière, à viande et ses boeufs appréciés pour le travail des champs. Mais touchée de plein fouet par l'intensification des modes d'élevage des années 1960 à 1970, avec le délaissement des races considérées les moins productives et le développement de la mécanisation, cette espèce a vu fondre ses effectifs de 75.000 animaux en 1893 à une soixantaine en 1989.
Un programme de conservation a donc été lancé en 1986, encadré par l'Institut de l'élevage. En repartant de trois souches différentes, le cheptel a pu être reconstitué et il compte aujourd'hui 600 vaches réparties dans 70 élevages, essentiellement dans l'aire d'origine de l'espèce, des bords de l'estuaire de la Loire jusqu'au Morbihan. Laurent Chalet, éleveur à Plessé (Loire-Atlantique), a accueilli les premières vaches nantaises dans l'exploitation familiale en 1995, délaissant la charolaise, l'une des espèces les plus communes. Un choix qualitatif car si l'élevage des boeufs de la nantaise est plus lent (quatre ans et demi contre 18 à 20 mois pour d'autres races), "la qualité de sa viande est reconnue. Elle est très persillée sur tous les morceaux", affirme-t-il.
La souche laitière a disparu mais les passionnés de la vache nantaise mettent en avant les capacités de traction des boeufs, des animaux robustes pouvant peser jusqu'à 900 kg. La traction animale, un mode écologique et économique, "n'est pas dépassée du tout" et "a tout à fait sa place sur des petites exploitations", affirme Laurent Chalet, adhérent de l'Association de promotion de la race bovine nantaise (Aprbn). L'agriculteur préside aussi l'association "Pas bête la fête", qui réunit les 7, 8 et 9 septembre, comme tous les trois ans depuis 1997, éleveurs et scientifiques soucieux de "réussir le renouveau de cette race oubliée".
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