Telles sont les conclusions provisoires obtenues à partir de la comparaison des performances de 93 élevages laitiers avec le diagnostic agroenvironnemental « Dialecte ».
![]() Difficile de concilier maïs ensilage et qualité globale de l’environnement (© Web-agri) |
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Dialecte |
Pour évaluer l’impact sur l’environnement du maïs ensilage, Solagro a réparti les 93 exploitations laitières en trois groupes, caractérisés par leur part de maïs ensilage dans la Sau ( < 10 % - de 10 à 20 % et > 20 % ).
« La méthode Dialecte évalue les impacts positifs et négatifs des exploitations agricoles sur l’environnement en se basant sur une approche globale de l’exploitation suivant deux axes : la mixité de l’exploitation notée sur 70 et la gestion rationnelle des intrants notée sur 30 », explique Solagro. 100 correspond à la meilleure performance environnementale.
Les performances environnementales diminuent avec l'augmentation de la part maïs
L’observation de la dispersion des notes au sein de l’échantillon, montre que si « certaines exploitations ayant peu ou pas de maïs ensilage dans leur assolement ont une performance environnementale moyenne à mauvaise », aucune des exploitations avec plus de 20% de maïs dans la Sau « n’a de note supérieure à 70 points ».
L’analyse des indicateurs et critères notés met en évidence certaines tendances :
- La diversité d’assolement tend à baisser avec l’augmentation de la part de maïs et les prairies assurent la présence d’un plus grand nombre d’espéces végétales sur les exploitations.
- La proportion de légumineuses, qui fournissent un apport d’azote aux sols et de protéines aux troupeaux, diminue avec l’augmentation de la sole maïs ensilage.
- Lorsque le maïs est privilégié par rapport à l’herbe, la couverture du sol en hiver a tendance à diminuer
- La consommation d’intrants non renouvelables augmente avec la part de maïs ensilage.
Difficile de concilier maïs ensilage et qualité globale de l’environnement
« Globalement, l’autonomie alimentaire des exploitations diminue avec l’intensification de la production », commente Solagro. « Avec l’intensification de la production de lait, le système perd de l’autonomie, devient plus fragile et dépendant d’éléments extérieurs non maîtrisables (cours du pétrole, des aliments, des matières premières, transports... etc.) et par conséquent, moins durable ».
Toutefois, il faut noter que « les systèmes centrés sur le maïs ensilage consomment plus d’énergie à l’hectare mais ont des efficacités énergétiques équivalentes aux systèmes plus extensifs puisqu’ils ont, le plus souvent, une production plus élevée, d’où une meilleure notation sur ce paramètre ».
Un nombre important de facteurs complexes influent sur l’impact environnemental des exploitations, souligne Solagro, « et la faible taille de l’échantillon étudié nécessite de considérer ces résultats avec prudence ». La puissance d’analyse de la méthode Dialecte pourra mieux s’exprimer sur la base d’un échantillon plus large, assure l’association qui conclut provisoirement qu’« il semble difficile de concilier maïs ensilage et qualité globale de l’environnement, même si d’autres facteurs discriminants, peuvent déclasser des exploitations tout herbe ».

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