« En matière de lutte contre la fasciolose, adopter une démarche qualité est indispensable », affirme le professeur Philippe Dorchies, de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse. « Les anthelminthiques qui sont d’une grande qualité ne répondent pas à des actions ponctuelles mais à un plan de prévention global. »
Un troupeau peut être faiblement infesté par la grande douve sans que l’éleveur ne puisse détecter de symptômes apparents. Cependant, même à des niveaux d’infestation faibles, les performances du cheptel sont sévèrement amputées par la présence du parasite : augmentation de la durée d’engraissement de 39 jours (1), diminution de la fécondité de 23% (2), chute de la production laitière de 8 à 20% (3). « L’impact du parasitisme est trop souvent sub clinique et l’éleveur ne se rend pas compte de la perte constante que les animaux subissent », souligne Philippe Dorchies, professeur à l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse et membre de l’Observatoire de la grande douve. Et de rappeler que plus de 90% des élevages sont ou ont été infestés par la grande douve. Face à cette large prévalence et aux pertes économiques qu’elle entraîne, « le plan de lutte doit s’inscrire dans une démarche globale d’assurance qualité », affirme le professeur. « La lutte, fondée exclusivement sur la répétition des traitements est à terme, un échec. Adopter une démarche qualité est indispensable. Même les plus banales des interventions doivent être médicalisées, afin de les optimiser. »
L'intolérance est de rigueur
La première étape de cette démarche qualité est l’identification des cibles. « Il est toujours indispensable d’avoir une confirmation de laboratoire pour cibler les parasites présents. Dans une deuxième étape, il convient de justifier le traitement selon le niveau de pertes économiques et selon le risque potentiel existant ou non d’infestation de l’homme. La troisième étape est dédiée au choix et à la justification des modalités d’application. A-t-on vérifié le poids corporel des animaux ? Une erreur fréquente est le sous dosage du produit, une erreur de 50 à 100 kg sur le poids d’un animal peut conduire à réaliser un sous dosage. Enfin, le suivi post thérapeutique est la quatrième étape indispensable pour prévenir les résistances aux anthelminthique! s et cela passe par la pratique de coproscopies de contrôle. » L’accompagnement par des mesures agronomiques et de conduite des animaux est indispensable pour assurer la pérennité de cet assainissement.
« La seule attitude à tenir dans la lutte contre la fasciolose est l’intolérance» précise Philippe Dorchies. « Car l’immunité de prémunition n’existe pas : à chaque rencontre de l’organisme avec Fasciola hepatica, les répercussions physiques sont d‘autant plus graves à chaque fois. »
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En complément, lire Lutte contre la grande douve - Fascinette renouvelle l’approche du traitement, en cliquant ICI (Réservé abonnés Pro) |
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