Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a mis en garde vendredi 23 juin à Londres contre le "coût réellement énorme" d'un échec du cycle de négociations commerciales de Doha, à quelques jours d'une réunion de la dernière chance à Genève.
Les ministres du Commerce des pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'y retrouveront la semaine prochaine pour tenter de sauver les négociations sur la libéralisation des échanges mondiaux. "Avant de partir à Genève la semaine prochaine, tous les négociateurs, et tous ceux qui critiquent le processus en coulisses, doivent avoir à l'esprit le coût vraiment énorme qu'aurait un échec, à la fois politiquement et économiquement", a dit M. Mandelson, qui s'exprimait lors d'un déjeuner de presse organisé par la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni.
M. Mandelson a appelé chacun "à chercher vraiment le compromis", à accepter que "le résultat ne soit pas parfait" et "à ne pas faire du mieux l'ennemi du bien". Citant le président américain George Bush cette semaine à Vienne, M. Mandelson a estimé que "le cycle de Doha est trop important pour échouer" et à appelé "tout négociateur tenté par le faux confort d'une posture rigide et arrêtée la semaine prochaine à Genève" à "s'en souvenir". Le commissaire a souligné les dégâts que provoquerait l'échec en termes de réformes agricoles européenne et américaine, de trafic douanier, de commerce des biens, et même des services.
"Nous perdrions la chance de réécrire les règles du commerce mondial d'une manière qui ouvre la porte au nouveau commerce et la ferme à la corruption", et "nous perdrions la conviction que l'OMC peut fonctionner avec 150 membres en reflétant (les évolutions) de l'économie mondiale", s'est-il exclamé. Il a estimé que l'échec "serait une tragédie" politique également, en rappelant que le cycle de Doha, entamé "à l'ombre du 11 septembre 2001", "est une affaire de politique mondiale autant que d'économie mondiale. Il a résumé la situation du point de vue européen comme "un marché à trois éléments": le G20 "qui veut des baisses plus marquées des subventions agricoles avant d'accepter des baisses sur les biens industriels, Washington "qui peut débloquer cela en se présentant avec une meilleure offre", et "si cela arrive, l'Union européenne les rejoindra au même moment avec une offre améliorée".
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