L'agriculture française peut sans problème fournir les quantités de carburants d'origine végétale qui seront nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par le gouvernement, ont assuré mercredi plusieurs représentants de la filière biocarburants.
Anticipant sur une directive européenne, le gouvernement a décidé de porter la part des biocarburants dans la consommation nationale de carburants à 5,75% en 2008 et à 7,0% en 2010, contre moins de 2,0% actuellement. Le recours accru aux biocarburants permettra d'éviter annuellement le rejet de 8 millions de tonnes équivalent carbone, soit près de 20% de la pollution émise par les transports en France, a indiqué Etienne Poitrat, du département "bioressources" de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), lors d'une rencontre avec la presse spécialisée.
Pour tenir cet objectif, l'agriculture française devra produire annuellement 1,0 million de tonnes d'éthanol (issu à 58% du blé, à 28% de la betterave à sucre et à 14% de maïs) et 3,2 millions de tonnes de biodiesel (issu à 80-85% du colza, à 10% du tournesol et à 5-10% d'autres sources), a précisé M. Poitrat. La fabrication de biocarburants peut constituer un bon débouché pour le sucre et les céréales qui étaient jusqu'ici exportés, grâce à d'importantes subventions communautaires accusées de fausser le commerce international. "Les exportations (françaises) de blé hors d'Europe ont représenté 7 millions de tonnes en 2004/05 et devraient représenter 6,5 Mt en 2005/06.
Or, l'Union européenne veut réduire ses aides à l'exportation. Et avec ces quantités, on pourrait produire 1,8 Mt d'éthanol", a souligné Christophe Buren, agriculteur dans la Marne et administrateur d'Arvalis, l'institut du végétal. L'augmentation des rendements - en tendance, de l'ordre de 0,8 quintal/hectare par an - et la mise en culture des jachères - autorisée pour la production de biocarburants - contribueront à cet effort. La France compte entre 1,3 et 1,5 million d'hectares de terres laissées au repos.
Selon M. Buren, pour tenir l'objectif de 5,75% de biocarburants d'ici 2008, il suffirait de mobiliser 300.000 hectares de céréales (sur 9 millions d'hectares) et 58.000 hectares de betteraves (sur 300.000 hectares), à comparer aux 18,3 millions d'hectares de terres arables du pays. Sur un hectare, on peut, selon M. Poitrat, produire 3,7 tonnes de carburant (équivalent pétrole) par an à partir de betterave, 1,63 Tep à partir de blé, 1,23 Tep à partir de colza et 0,96 Tep à partir de tournesol.
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